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Cherchez Hortense

 
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C’est depuis 2008, l’année de Le grand alibi, qu’on avait un peu perdu les traces de Pascal Bonitzer, si on exclut ses collaborations en tant que scénariste avec Emmanuel Salinger (La grande vie) et Jacques Rivette (36 vues du Pic Saint Loup), ainsi que des petites apparitions dans Ne te retourne pas de Marina de Van et Chantrapas d’Otar Iosseliani. C’est donc avec une certaine trépidation qu’on attendait la sortie de Cherchez Hortense, qui au-delà d’une bande-annonce très sympathique a aussi l’honneur d’avoir été montré en première mondiale à la 69e Mostra de Venise (hors compétition).

C’est qui, justement, Hortense ? C’est un fonctionnaire que Damien (Jean-Pierre Bacri), professeur d’Histoire chinoise, est censé contacter pour que Zorica (Isabelle Carré), une amie de son beau-frère, ne soit pas forcée à quitter la France. Le problème, c’est que pour arriver à Hortense, Damien doit passer par son propre père (Claude Rich), avec qui il ne va pas totalement d’accord. Alors que l’affaire se complique toujours plus, il doit aussi confronter la fin de son mariage avec Iva (Kristin Scott Thomas) et l’effet que cela va avoir sur son fils Noé.

A priori, Cherchez Hortense possède tous les éléments pour être une belle expérience au cinéma : des thèmes forts et intéressants, une distribution formidable, un scénario bourré de répliques mémorables. Le résultat final, par contre, ne marche pas jusqu’au bout, parce que Bonitzer a des très bonnes idées mais ne les exploite pas complètement, notamment en ce qui concerne le personnage de Kristin Scott Thomas, peu développé et, au final, assez mal utilisé. Un certain manque de réalisme figure aussi parmi les défauts, si on connait un minimum des fonctions publiques françaises (Claude Rich a, dans la vraie vie, dépassé l’âge pour la retraite depuis un bon moment). Heureusement, alors, qu’il y a Jean-Pierre Bacri, toujours magnifique et amusant, qui rend chaque scène où il apparait un petit plaisir. Mais cela ne suffit pas pour rendre vraiment recommandable un film qui, au bout de ses 100 minutes de durée, se laisse oublier plutôt facilement. 

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