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Cloclo

 
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Cloclo de Florent-Emilio Siri est un biopic décevant. Entendons-nous bien : cet avis ne vaudra sans doute pas pour les fans de Claude François. Ces derniers – déjà prêts à jeter leurs tomates pourries (heureusement qu’il y a un écran entre nous) – seront heureux de revivre les événements de sa vie et écouter ses tubes à plein tube dans une salle obscure. Cependant, parlons ici au nom de ceux qui s’attendent juste à voir un bon film. Car il faudrait vraiment être aveugle pour parler ici de réussite. Mais vous, Ô visiteurs de Clap, ne l’êtes certainement pas (ou vous ne liriez pas ces lignes).

Cloclo a pour ambition de raconter l’histoire de Claude François de l’enfance à la mort, en 148 minutes. Mauvaise idée. « Mais pas de problème » semble s’être dit le scénariste Julien Rappeneau, « il n’y  a qu’à choisir les moments les plus marquants de sa vie et les mettre les uns après les autres ». Cloclo est énervé et pleure son papa ? On prend ! Il jouera du tam-tam et saignera des mains. Bouclé en 46 secondes : ça, c’est fait. Cloclo tombe amoureux d’une fille, puis séparation et chaudes larmes ? On prend ! Temps attribué ? Allez, 3 minutes 21. Cloclo meurt dans sa baignoire ? Ha, ça c’est super important ! Il faut bien que les gens comprennent que l’accident était ridicule mais aussi que les proches et fans étaient très très tristes ensuite. De notre côté, on croit rêver face à ce qui ressemble plus souvent à une sitcom kitsch et romancée (surtout dans sa première partie) qu’à un long métrage de cinéma. Ici, aucune vision originale telle qu’avait pu l’être par exemple Gainsbourg (vie héroïque) : non, juste une biographie linéaire et superficielle. Et ce n’est pas les magnifiques perruques de Jérémie Renier ni le superbe maquillage de carnaval de Benoît Magimel qui nous feront changer d’avis.

Heureusement, tout n’est pas à jeter pour autant. Les auteurs ont eu la bonne idée de ne pas tenter de rendre Claude François meilleur qu’il ne l’était. On découvre ainsi un homme très exigeant, contrôlant les moindres faits et gestes de tout son entourage ou encore coureur de jupons. Il n’est pas forcément très agréable de suivre la vie d’un type énervant mais au moins, il n’y a pas mensonge sur la marchandise. Ensuite, du point de vue de la forme, l’œuvre est plaisante à voir. Florent-Emilio Siri s’est notamment fait plaisir avec quelques plans séquences à la Paul Thomas Anderson (Boogie Nights) qui ont l'avantage de laisser plus de temps au spectateur pour s’imprégner de l’atmosphère de l'époque et des personnages.

Au final, le constat est donc mitigé : malgré la bonne prestation de Renier et des autres acteurs, voici un film à réserver aux fans de Cloclo. Ou en tout cas, à ceux, qui savent déjà qu’il était quelqu’un de… peu sympathique (ou il risquerait de ne plus être votre idole). Quoique si vous le savez déjà, il y a peu d’intérêt… Bref, les autres retourneront plutôt voir Podium.

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