Critique

50/50

 
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Adam semble nager dans le bonheur; sa vie est partagée entre son job à la radio locale, sa petite copine et son meilleur ami. Le jour où on lui apprend qu’il est atteint du cancer, le jeune homme va faire le point sur sa vie et les personnes qui l’entourent. Il va alors vite s'apercevoir que tout le monde ne réagit pas de la même façon à l'annonce de sa maladie. Son quotidien se transforme radicalement, des séances de chimiothérapie aux soirées passées à draguer (car avoir le cancer, c'est bien connu, c'est sexy!), en passant par les tête-à-tête avec une jeune psychologue qui va vite s'avérer très médiocre, enchaînant gaffe sur gaffe.

Jonathan Levine fait un pari osé en voulant aborder sous l'angle humoristique un thème aussi épineux. Exercice à priori difficile, la barrière ténue qui sépare le sérieux du pathos étant aisément franchissable. Ainsi, après All The Boys Love Mandy Lane (2006)et Wackness (2008), son troisième film surfe entre gags en-dessous de la ceinture et scènes plus graves qui révèlent le talent indéniable de Joseph Gordon-Levitt. Mais chapeau tout d'abord à Seth Rogen, très crédible dans le rôle du copain lourdaud dont chaque phrase vaut son pesant de grossièretés. Il ne parvient pas pour autant à nous faire un tant soit peu sourire. Car malgré leur volonté comique, les répliques graveleuses sonnent creux et ont plutôt tendance à agacer.

Heureusement, celles-ci ponctuent des scènes plus sincères où l'on partage la vision d'Adam qui saisit peu à peu qu'il va bel et bien devoir affronter seul sa maladie. En effet, Joseph Gordon-Levitt est sans doute dans cette aventure le seul acteur crédible; il incarne un personnage qui devient rapidement attachant, même si son duo avec Seth Rogen ne fait pas mouche. Mais le summum revient aux personnages féminins: il est en effet irritant de se rendre compte que les jeunes femmes que côtoient les deux protagonistes sont dépeintes comme des garces, des filles faciles ou de belles naïves. Bref, malgré la réussite du cinéaste à éviter le piège du pathos, son insuccès à nous faire nous dérider est bien dommage. Si l'on peut certainement rire de tout au cinéma, ce n'est sûrement pas de cette façon.

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