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Sur la piste du Marsupilami

 
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Alain Chabat possède un talent rare: il sait faire rire. Son dernier film, qui tourne autour du personnage de bande dessinée créé par Franquin, le Marsupilami, en est la preuve irréfutable. Il crée une galerie de personnages tous plus truculents les uns que les autres et les place dans des situations rocambolesques et hilarantes. On suit donc Dan Geraldo, un grand reporter en perte de vitesse que sa hiérarchie envoie en Palombie pour redorer son blason. Armé de sa vieille caméra vidéo 8 qui a fait sa légende, il a pour mission de ramener des images du mythique Marsupilami, charmant marsupial au pelage jaune et noir affublé d'une queue démesurée. Sur place il fait équipe avec Pablito Camaron, un vétérinaire local passablement véniel.

Le film repose sur cette relation tumultueuse qui joue à merveille sur les antagonismes des deux protagonistes et de leurs univers respectifs. Bien que très classique, ce procédé fonctionne ici à merveille et nous donne droit à des scènes de conflits très drôles, comme cette engueulade dans une grotte qui restera longtemps dans les mémoires du cinéma comique hexagonal. Chabat crée aussi une galerie de seconds rôles comportant un méchant professeur imbu de sa personne, son assistante, un dictateur qui rêve de strass et paillettes, un général muni de peu de neurones et tout une bande d'animaux que le cinéaste prend un malin plaisir à maltraiter pour notre plus grande joie.

Le long métrage s'ouvre d'ailleurs par la réanimation d'un perroquet par Pablito. C'est l'occasion pour Jamel Debbouze, en très grande forme, de nous livrer un numéro où il peut à loisir user de ses mimiques et de son phrasé si particulier. Il faut le voir ordonner à des touristes de souffler dans un tube afin de redonner vie au volatil, dans un anglais plus qu'approximatif, et se prendre des coups d'ailes dans le visage. Cette introduction donne tout de suite le ton à l'ensemble et Chabat parvient à garder un rythme parfait de comédie et d'aventure sur l'ensemble en dosant parfaitement ses effets, sans ne jamais tomber dans une suite de sketches bêtement alignés les uns derrière les autres. Son intrigue sous forme de quête laisse astucieusement la place à des moments de purs délires comiques.

Ayant eu très peu de scènes ensemble dans leur précédent film en commun, Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre, Chabat et Debbouze forment un duo irrésistible. A leurs côtés, Fred Testo, dans un double rôle, incarne à merveille le méchant que l'on aime détester. Patrick Timsit endosse avec une facilité déconcertante le costume d'un général qui représente à lui seul toutes les valeurs de l'armée: obéir sans réfléchir. Mais la cerise sur le gâteau reste le numéro exceptionnel de Lambert Wilson. Pour ne pas gâcher le plaisir du spectateur et la volonté du réalisateur de ne pas trop le dévoiler dans les différentes bandes-annonces, nous dirons simplement qu'il rend hommage, sous forme de parodie, à deux grandes figures de la musique pop internationale et nous fait, par la même occasion, oublier sa récente contreperformance dans l'insupportable A l'aveugle.

Mission réussie haut la main, Sur la piste du Marsupilami est une comédie familiale comme on aimerait en voir beaucoup plus souvent. On rit de très bon cœur et on passe un moment de détente remarquable, si bien que l'on se souvient encore de certains gags longtemps après avoir quitté la salle. Gageons que le quatrième long métrage d'Alain Chabat deviendra aussi vite culte que ces trois précédents.

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