Critique

Time Out

 
Critique par |
Absent des écrans depuis son remarquable Lord of War, Andrew Niccol revient avec une œuvre de science fiction qui illustre à merveille l'adage: le temps, c'est de l'argent. Time Out se déroule à une époque où l'argent n'existe plus. Tout se négocie avec du temps. Chaque être humain naît avec une espérance de vie de vingt-cinq ans. Arrivé à cet âge fatidique, tout le monde cesse de vieillir physiquement, mais se doit de capitaliser du temps pour espérer durer le plus longtemps possible. On est payé en temps, on consomme en temps. Ce principe de base est ici parfaitement maîtrisé et permet une subtile métaphore de la lutte des classes. On suit Will Salas, jeune homme honnête de vingt-huit ans qui, après avoir porté secours à un homme de cent trois ans au bénéfice d'un impressionnant capital temps, se retrouve l'héritier de cette fortune. Suite au décès prématuré de sa mère, il se rend donc dans la partie de sa ville où vivent les riches et s'évertuent à les voler pour venir en aide à la classe modeste, avec l'aide de la fille rebelle de l'un des personnages les plus nantis de la cité.

Si le procédé qui régit l'univers dans le film et le malin procédé graphique du compte à rebours sur le bras sont réussis, l'intrigue entre Robin des bois et Bonnie et Clyde peine à vraiment séduire par son écriture trop classique et ses complications, malheureusement trop souvent propres à la science-fiction qui aime à se perdre dans les élucubrations, proches de la prise de tête. Ici par exemple, on ne comprend pas toujours tout ce qui a un rapport avec les gardiens de temps qui font office de police, mise à part que la plupart sont servilement au service des puissants et donc corrompus.

Justin Timberlake est à l'aise aussi bien dans les scènes d'action que dans les moments plus calmes et fait preuve d'un humour sympathique. Il remplit son contrat d'empathie avec son personnage et le spectateur peut aisément s'identifier à lui. Amanda Seyfried forme avec lui un couple que l'on suit avec plaisir et leur romance sonne très juste. Mais c'est dans les rôles secondaires que l'on a les meilleures surprises. En chef des gardiens de temps, Cillian Murphy joue sur l'ambiguïté de son personnage, tiraillé entre son devoir et sa condition de citoyen. Dans le rôle du meilleur ami de Will, on retrouve avec bonheur l'un des acteurs de la série The Big Bang Theory, Johnny Galecki. Mais c'est surtout Vincent Kartheiser, vu dans Mad Men, qui signe la meilleure performance en campant le vilain riche. Il lui prête son visage qui peut autant avoir l'air d'un ange que d'un démon, avec son regard et son sourire sournois.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc

Participer