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La Nouvelle Guerre des boutons

 
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Alors que La Guerre des boutons filmé par Yann Samuell est depuis deux semaines déjà dans les salles, c’est au tour de Christophe Barratier, fort de son succès pour Les Choristes, de revisiter à sa manière le roman de Louis Pergaud.

Cette fois-ci, la bataille livrée entre Velrans et Longevernes se déroule sous l’Occupation – Pergaud l’imaginait en 1912 -, ce qui permet au réalisateur de greffer la guerre qui se trame chez les enfants sur le conflit de la seconde guerre mondiale et par conséquent sur les tensions qui existent entre les adultes dans les deux villages. Sans entrer dans l’exercice comparatif entre les trois principaux films sortis jusqu’à présent, on peut se demander quelle innovation le réalisateur a voulu apporter à cette adaptation. Car, après deux Guerre des boutons, le spectateur attend bel et bien de l’originalité ; et le titre si prometteur laisse entendre que de la nouveauté, il y en aura.

En décidant de s’attaquer à une telle œuvre, Christophe Barratier a donc d’entrée de jeu pris des risques. De plus, choisir de situer l’histoire durant la seconde guerre mondiale fait surgir certaines difficultés. En effet, le cinéaste s’éloigne par moments un peu trop des rivalités entre les deux bandes de gamins pour s’étaler non seulement sur l’autre conflit, mais aussi sur une histoire sentimentale sans trop d’intérêt impliquant les personnages de Guillaume Canet et Laetitia Casta. De même, l’histoire de Myriam, fille juive cachée dans le village, nous fait inévitablement assister à quelques scènes qui tirent en longueur et dont on a l’impression que leur seule fonction est de faire verser des larmes. Tout cela au risque de trahir l’essence de l’histoire écrite par Pergaud qui avait formidablement capturé le côté à la fois cruel, intelligent et candide de ces enfants qui se déclarent la guerre.

Mais heureusement ce premier bilan assez mitigé se trouve être rehaussé par plusieurs scènes savoureuses - Christophe Barratier marque un point en misant à nouveau sur un Gérard Jugnot exceptionnel -, de beaux décors et des performances d’acteurs convaincantes – en particulier chapeau bas aux jeunes comédiens. Il est vrai que sur ce terrain-là, on approche du sans faute. On passe donc malgré tout un bon moment, même si la dimension dramatique qu’a voulu injecter le réalisateur à l’entreprise a tendance à étouffer les jeux de guerre des gamins.

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