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Kinshasa Symphony

 
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Nul besoin d’être mélomane pour apprécier ce documentaire dans lequel on suit des congolais s’adonner à leur passion de la « grande musique », au sein de l’Orchestre Symphonique Kimbanguiste en plein Kinshasa.

Dirigée par Armand Diangienda, ancien pilote de chasse qui a appris la musique en autodidacte, la troupe amatrice s’organise une place dans le chaos de la ville pour répéter inlassablement « la 9ème », le Boléro de Ravel ou encore Carmina Burana, tout cela au milieu de la circulation ; un beau moment de quiétude dans le brouhaha de la ville. Mais les musiciens ont encore du pain sur la planche avant de présenter avec fierté leur travail lors d’un concert le jour de l’indépendance de la République Démocratique du Congo. Ici, l’adage qui dit que la musique transmet de belles émotions ne fait pas exception. L’énergie et la persévérance des musiciens sont touchantes, tout comme leur désir de transmettre aux autres kinois leur amour pour cette musique, pourtant si éloignée de la culture africaine. Leur quotidien nous est peu à peu dévoilé et l’on s’aperçoit que les malheurs et les difficultés ne suffisent pas à les écarter de leur passion ; l’envie de faire découvrir à leurs famille et amis des œuvres que la plupart n’ont jamais entendues est toujours là. Au contraire, ces soirs où quelque deux cents instrumentistes se rencontrent, chacun reste concentré sur son rôle ; on a l’impression que rien ne peut les détourner de leur musique, ni les coupures de courant - habituelles à Kinshasa - ni les bruits des travaux routiers.

Les réalisateurs suivent ainsi Joséphine qui, malgré de pénibles journées passées à vendre des omelettes au marché, ne manque aucune répétition après son travail. Ou encore Albert, qui s’est donné pour mission d’apporter des notions de solfège aux violonistes et violoncellistes de l’orchestre et qui construit lui-même des instruments à corde. De beaux moments d’une grande intensité, comme une improvisation sur le Boléro de Ravel dans le car qui les mène au lieu de répétition, alternent avec des scènes de répétitions en groupe et des aperçus de la vie des membres de l’orchestre.

On peut discuter le fait que ces quelques portraits mériteraient d’être plus fouillés et que beaucoup de questions restent sans réponse – comment est née cette troupe, dans quelle mesure l’orchestre est liée à l’Eglise Kimbanguiste. Mais est-ce le but d’une telle entreprise ? Ce film nous fait plutôt découvrir l’accomplissement d’un beau pari ; la musique est un superbe moyen d’expression et d’évasion pour certains, une renaissance pour d’autres. Ainsi ce violoniste dont la vie a été bouleversée par la musique et qui, des étoiles dans les yeux, avance : « peut-être qu’un jour je serai le nouveau Mozart ou Beethoven».

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