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TrollHunter

 
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Le film de cassettes vidéo retrouvées, qui nous a valu le pire par le biais du bien trop surestimé Project Blairwitch, mais aussi le meilleur avec évidemment son maître étalon, Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato, ou [Rec] 1 & 2, coréalisés par Jaume Blagueró et Paco Plazza, nous offre une superbe perle venu de Norvège, TrollHunter d'André Øvredal. Dans celui-ci, on visionne le travail de trois étudiants partis en reportage sur la chasse à l'ours. Mais ils s'intéressent surtout à la découverte de cadavres non pas du crû, mais issus de Russie ou des pays slaves. Ils remarquent vite un individu au volant d'une grosse jeep trainant derrière elle une imposante caravane. Comme toutes leurs tentatives d'obtenir une interview sont balayées d'un refus catégorique, il se mettent à le suivre à la trace. Une nuit, en pleine forêt, leur véhicule se fait complètement détruire. Leur sujet d'étude, qui se nomme Hans, leur révèle la véritable nature de sa profession: il est chasseur de trolls. Dorénavant acceptés par ce dernier, les cinéastes en herbe, encore sceptiques, vont vite découvrir qu'il ne leur a pas menti.

Cette comédie vraiment très drôle nous apprend beaucoup sur ces êtres étranges de la nuit pouvant atteindre jusqu'à cent mètres de haut. Tout le monde sait qu'un troll n'est pas sympathique et qu'il est réputé pour son odeur pestilentielle. C'est là d'ailleurs l'une des nombreuse contrainte de la singulière occupation de Hans, car pour se fondre dans leur territoire, il doit s'enduire de leur parfum peu ragoûtant. Les étudiants doivent passer par ce supplice pour faire leur documentaire et il doivent aussi jurer ne pas avoir la foie chrétienne, car ces êtres païens par excellence la repèrent de loin et ne la supportent pas du tout. Hans explique aux jeunes que les poteaux électriques aériens servent non seulement pour l'acheminement de l'énergie, mais sont aussi des clôtures de protection contre les plus grands spécimens.

André Øvredal signe un long métrage réjouissant aidé, par une très bonne interprétation, un superbe personnage de Hans, campé par Otto Jespersen, qui lui donne toute sa bonhommie et sa résignation, car il ne fait pas ce métier par passion, mais pour gagner sa vie, et il avoue détester son boulot. Les effets spéciaux qui donnent vie aux trolls sont impeccables, en leur apportant toute leur présence physique: on sent par exemple leur poids de manière remarquable et ils se meuvent avec perfection. Et cerise sur le gâteau, TrollHunter recèle un petit aspect critique qui donne droit à une fin particulièrement maligne.

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