Critique

Sinestesia

 
Critique par |
Avec son premier long métrage, Erik Bernasconi signe une comédie dramatique autour de quatre personnages qui font chacun les chapitres d'une histoire ceinte par un prologue et un épilogue. Son film cerne le destin de ses quatre protagonistes autour d'un même événement: l'accident de l'un d'entre eux qui le laisse paraplégique. Bernasconi utilise un genre différent pour chaque chapitre: thriller pour le premier qui porte le nom de la femme d'Alan, Françoise, avec une menace de mort via internet. Pour Igor, son meilleur ami, c'est la comédie qui est à l'honneur. Celui dédié à sa maîtresse, Michela, recourt au romantisme avec tout son côté tragique. Et la dernière partie intitulée Alan est un pur drame. L'adultère d'Alan est le point de départ et c'est lui qui l'entraîne dans une spirale de plus en plus terrible, comme si le sort avait décidé de s'acharner contre lui. Faut-il y voir une morale? On peut, mais ce n'est pas là l'enjeu du film, qui tend plutôt à montrer comment la destinée de quelqu'un peut être malfaisante. Les acteurs sont parfaitement à leur place dans leurs personnages. Leonardo Nigro, qui endosse le costume de Igor, est parfait en meilleur ami d'humeur joyeuse et positive, mais aussi touchant quand il tombe amoureux. Giorgia Wurth hérite du rôle le plus ingrat, la femme trompée, et elle s'en sort avec les honneurs. Elle est magnifique dans sa courte séquence avec Mélanie Winiger, qui elle surprend, en livrant une prestation de quasi tragédienne. Dans le rôle d'Alan, Alessio Boni livre une performance physique, car il est parfaitement crédible en handicapé et l'on sent derrière un gros travail de préparation. Et l'on a droit à une mise en scène qui suit méticuleusement les différents genres illustrés dans chaque chapitre. Sinestesia est une première œuvre intéressante qui donne envie de connaître la suite de l'œuvre naissante de son réalisateur.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS Gagnez un DVD ou un blu-ray disc

Participer