Critique

Insidious

 
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James qui ? James WAN. Mais oui c’est ce petit génie Malaisien de pas trente ans qui se fait remarqué en 2004 en réalisant SAW premier film d’une longue saga qui mettra en ébullition le monde du cinéma gore.  Longtemps, on se rappellera de cette fin où bon nombre de spectateurs se sont retournés dans leur siège plusieurs fois en se disant : « Non, mais non, je me suis fait avoir, j’y crois pas, mais pourtant c’est logique ! » etc, etc…

Il n’a pas fait beaucoup de films depuis, puisque super occupé en tant que producteur exécutif sur  la série du tueur cancéreux. Et voilà Insidious qui débarque. La réjouissance est grande, va-t-il nous surprendre ? Va-t-il de nouveau nous faire froid dans le dos ? James Wan est-il à la hauteur de  sa maigre réputation ? Sans trop dévoiler le pitch du film, il laisse pourtant un petit goût de déception.

La première partie est sensationnelle: le réalisateur joue avec nos nerfs sans grands artifices et effets gores. Il n’y a d’ailleurs quasiment pas de sang dans ce film. Des apparitions de spectres aux bons moments tout en douceur, mais de plus en plus imposants par leur présence et leur look qui vous feront froid dans le dos. Wan joue avec les peurs ancestrales et des clichés connus mais d’une façon telle, que l’on se fait forcément avoir. Les appareils qui se mettent en marche tout seul, les objets qui se déplacent, la silhouette qui va et vient devant la fenêtre ou qui apparait subitement à travers une vitre ou derrière les rideaux du landau du petit dernier. La bande son est également très importante dans son rôle de croque mitaine et cela marche à fond. A ce sujet la scène du baby phone est tout simplement superbe.

Cette histoire où le père doit aller chercher son enfant dans l’au-delà ne vous rappelle rien ? Oui c’est ça, Poltergeist. Par moment on repense à Carol Ann perdue dans les limbes et qui appelle ses parents à travers la TV. Et là on se dit, Wan va nous montrer ce que Tobe Hooper nous avait caché en 1982, l’ailleurs, ce fameux au-delà où les âmes perdues errent à l’infini… Tout un programme excitant.

Eh bien, on aura appris au moins une chose avec cette dernière demi-heure du film, c’est que cela fonctionne toujours mieux quand on en montre le moins possible ! Car là, tout se précipite dans la déception. Mis à part le démon à la tête rouge qui convoite le corps du petit Dalton et qui fout réellement la trouille (encore une fois parce que ses apparitions sont rapides, en gros plan et jamais très claires), l’impression de se promener dans un train fantôme de foire l’emporte sur la qualité du reste du film. Et c’est là que vont apparaître les âmes perdues sous la forme de la jeune fille qui a décimé sa famille à coup de fusil, la vieille mariée momifiée et décors de maison hantée avec des bougies partout. Des clichés de fantômes de foire déjà vus et revus dans des films d’horreur pour gamins ou le clip de Michael Jackson.

Cette dernière demie heure détruit tout ce que le réalisateur a mis en place durant une heure. Il revisite des classiques (Amityville, Poltergeist) à sa façon avec brio et se casse la figure avec du cliché enfantin et hollywoodien. Sans parler du retournement de situation obligatoire à la fin et vraiment pas nécessaire.

Malgré tout, la note ne sera pas si mauvaise car réellement les frissons se sont manifestés plus d’une fois et l’exercice est réussi en première partie. Insidious sera assurément un des films les plus effrayants de l’année 2011.

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