Critique

Limitless

 
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Imaginez une drogue qui vous offre la possibilité de devenir un génie dans tous les domaines. C'est ce qui arrive à Eddie Morra, un homme à la dérive qui peine à livrer les première pages de son roman de science fiction pour lequel il a déjà perçu une avance de son éditeur, somme qu'il a déjà engloutie dans l'alcool. Le hasard lui fait croiser la route de son ex beau-frère, un dealer notoire qui lui offre une pilule magique, en lui faisant comprendre que celle-ci vaut la bagatelle de huit cents dollars et qu'elle n'a pas encore vraiment testée. Le NZT agit comme un extraordinaire vecteur d'énergie sur Eddie qui réussit à livrer la moitié de son manuscrit en moins d'une semaine. Il retourne voir son beau-frère qu'il découvre assassiné dans son appartement. Il met la main sur une réserve considérable de NZT et refait sa vie. Il devient vite une personnalité, son roman a du succès, il apprend les langues étrangères en un rien de temps, il se croit invincible. Mais il en veut toujours plus et se lance dans la finance où il est repéré par le puissant Carl Van Loon, et ses ennuis commencent.

Neil Burger, à qui l'on doit The Illusionnist, adapte un roman d'Alan Glyn et en fait un film bien plus malin qu'il ne paraît au premier abord. Limitless reprend à son compte une fable qui hante l'humanité depuis la nuit des temps, le pacte avec le Diable ou, autrement dit, penser naïvement qu'il existe quelque chose qui puisse vous offrir gloire, fortune et succès, sans fournir le moindre effort ou sans être doté du moindre talent. On se dit alors que l'on va avoir droit à la chute du héros opportuniste et à un discours moralisateur. Il y a un peu de cela, mais le film s'arme d'un cynisme réjouissant qui finit par nous prendre à contre pied. Et c'est là tout son intérêt.

Neil Burger recourt à des effets spéciaux particulièrement réussis pour illustrer les effets de la drogue sur Eddie en dédoublant par exemple son personnage. Sorti de Very Bad Trip et de sa suite, Bradley Cooper incarne à merveille ce personnage relativement complexe. On envie autant son Eddie qu'on le plaint. En magnat de la fiance, Robert De Niro trouve un rôle assez proche de son Al Capone des Incorruptibles. Il faut le voir dans sa dernière scène à la limite de l'explosion comme une cocotte qui se retient d'éclater.

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