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Arrietty le petit monde des chapardeurs

 
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Adaptation du célèbre roman de Mary Norton, The Borrowers, par Hayao Myazaki et réalisé par Hiromasa Yonebayashi, Arrietty, le petit monde des chapardeurs est un film enchanteur et charmant. Il possède une aura particulière qui marie à merveille une légende très connue à la culture japonaise et ce, de manière subtile et épurée. Etonnamment, dans cette version, les petits êtres qui vivent dans les recoins des habitations ne sont pas pourvues d'oreilles pointues, de museaux et de queues de rongeurs, ce sont vraiment de minuscules être humains et c'est réjouissant. Grâce à ce subterfuge, le dernier long métrage des studios Gihbli devient une fable très forte sur les différences et les problèmes que rencontrent deux cultures à vivre côte à côte, car les semblables à la jeune Arrietty, littéralement hauts comme trois pommes, ne doivent pas être vus des humains et, si c'est le cas, ils se retrouvent obligés de déménager.

D'un côté, ces petits chapardeurs, qui ne volent que ce qui leur est strictement nécessaire à vivre, doivent s'évertuer à évoluer en cachette, c'est leur destin, leur nature, et de l'autre, les humains font tout ce qu'ils peuvent pour prouver leur existence, afin de matérialiser l'impensable, l'incroyable. Le film met donc en relation Arrietty et un enfant malade, communiquant malgré leur appartenance à deux univers qui ne devraient jamais se croiser, car une règle immuable le veut ainsi. C'est une base de travail que l'on retrouve régulièrement dans les histoires, de Romeo et Juliette à Avatar en passant par West Side Story, mais ici, même l'amitié la plus sincère, pour ne pas parler de l'amour, ne peut rien contre cette réalité et nos deux amis doivent s'y plier. Autour d'eux gravitent de savoureux personnages comme le père d'Arrietty, droit, juste et respectueux, sa mère sans cesse inquiète, sur la défensive, craignant pour sa famille, et l'intendante de la maison, une femme à l'image de Saint Thomas qui ne croit que ce qu'elle voit et refuse qu'on la prenne pour une folle.

Réalisé dans une animation traditionnelle loin de toutes esbroufes technologiques tape-à-l'œil, ce film fait énormément de bien par sa grâce et sa profondeur.

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