Critique

127 heures

 
Critique par |
Auréolé de huit Oscars pour Slumdog Millionaire, Danny Boyle revient encore avec une histoire vraie, celle de Aaron Ralston qui resta bloqué dans une crevasse près de Moab dans l'Utah pendant cent vingt-sept heures, la main coincée entre un rocher et la paroi de sa prison naturelle. Le film commence comme un clip à l'instar de ceux qu'affectionnent particulièrement les amateurs de sports extrême. On sent que le héros est dans son élément et il partage même sa passion avec deux jeunes filles qui croisent son chemin, en leur faisant découvrir un superbe toboggan naturel. Mais le long métrage ne nous dépeint pas un insouciant et Danny Boyle le souligne justement à plusieurs reprises quand Aaron tâte du pied le terrain avant de s'y aventurer. Seulement le risque zéro n'existe pas et un concours de circonstance très malheureux précipite le protagoniste dans une anfractuosité qui le retiendra captif.

Malheureusement à partir de là, par peur d'ennuyer ses spectateurs venus voir un film d'action, le cinéaste opte pour un scénario, une mise en scène et un montage chers à l'ère du zapping en multipliant les séquences dans le seul but de meubler son ouvrage. On voit ce que pense ou rêve son héros, comme la fête à laquelle il était invité par les filles qu'il venait de rencontrer, sa famille qu'il a inconsciemment oublié d'avertir de son escapade en solitaire, sa propre vie. On le voit aussi se filmer lui même avec son caméscope pour témoigner de sa situation absurde et tragique ou s'improviser vedette malgré lui d'une émission de télé-réalité fictive. Hélas, Danny Boyle abuse d'effets tape-à-l'œil et surtout de points vue passablement ridicules en plantant son objectif dans des coins improbables, par crainte de lasser son auditoire. Après le énième plan au fond de la gourde, on demande grâce et on aimerait que le cinéaste revienne à son sujet au lieu de se perdre dans ses artifices fallacieux. Cela donne au film un aspect vidéo clip qui lui fait perdre de sa puissance aussi bien visuelle qu'émotionnelle.

Par contre, James Franco réalise une performance sans faute malgré une mise en scène s'éparpillant dans tous les sens et un montage enchaînant trop de regards différents souvent inutiles, qui l'empêchent régulièrement de briller encore plus dans des scènes que l'on aurait préférées plus focalisées sur lui.

En savoir plus sur Remy Dewarrat

CONCOURS Gagne un DVD ou bluray de Bohemian Rapsody

Participer