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World Invasion : Battle Los Angeles

 
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Voilà un sous-genre qui revient en force: l'invasion extraterrestre. Après un Monsters émouvant et un Skyline raté, Battle: Los Angeles vient frapper nos écrans, cette fois-ci avec un budget plus conséquent que les deux films précités. Et cela s'en ressent tout de suite, car on ne perd pas trop de temps avec une installation qui s'éternise, mais on plonge rapidement dans le coeur de l'invasion, que l'on suit à travers un groupe de soldats américains. Pas d'erreur sur la marchandise; ça canarde à tout va et l'action se révèle présente. Bien que certaines scènes souffrent d'un montage parfois trop rapide et d'une réalisation trop brusque, ce qui rend la visibilité parfois douteuse, le film de Liebesman jouit d'un véritable dynamisme visuel et narratif, dont la cadence est soutenue avec une efficacité redoutable. Brian Tyler soutient l'artillerie avec une musique percutante au possible, à renfort de cuivres grinçants et de grosses percussions. La machine est bien huilée et le spectateur en a pour son argent.

Malheureusement, un tel produit ne peut se contenter de jouer la carte du premier degré, assumant son jusqu'au-boutisme sans arrière-pensée. Ainsi, un dérangeant relent de nationalisme se fait rapidement ressentir, dont l'odeur âcre ne quittera jamais nos narines. Car oui, Battle: Los Angeles, c'est aussi le film propagandiste ultime, la meilleure promotion jamais faite pour l'armée américaine. On meurt fièrement pour sa patrie, pour les familles, pour son sergent, sans broncher et accusant son statut de soldat dont on dispose à volonté. On pense alors à Starship Troopers et à son approche très critique, et l'on se dit qu'il faut forcément être un réalisateur européen pour parvenir à sortir des filets des producteurs – et encore, rien n'est garanti; on risque encore d'être traité de fasciste pour une approche rentre-dedans et un second degré incompris. Quoi qu'il en soit, Liebesman livre la publicité parfaite, car même si, dans un premier temps, la situation semble critique, elle est rapidement contre-balancée afin de valoriser les bienfaits et l'efficacité de l'armée américaine. Difficile donc de passer outre cet aspect gênant du film, qui parvient tout de même à proposer un divertissement rentable, mais dont le plaisir se retrouve continuellement nuancé par les propos que soutient une narration défaillante. Et c'est à ce moment-ci que l'évidence nous frappe: Paul Verhoeven nous manque.

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