Critique

Le Chaperon rouge

 
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Incontestablement fascinée par les phases lunaires et les loups-garous, Catherine Hardwick, déjà responsable du premier volet de la saga Twilight, nous livre sa version du Petit Chaperon rouge au travers d'un film sans grand intérêt. On suit l'histoire de Valérie (Amanda Seyfreid) qui vit dans un petit village perdu au milieu d'une sombre forêt. Après une brève présentation du personnage durant son enfance, on entre dans le vif du sujet. La communauté de notre héroïne vit dans la peur car, un monstre, que d'aucun dise être un loup, tue régulièrement les habitants. Et sa dernière victime n'est autre que la sœur de Valérie. On découvre son cadavre au milieu des bottes de foins dans une scène pleine de pathos où la caméra s'élève pompeusement du cadavre vers le ciel. Pourrait-ce être pire? Il pourrait neiger. Notre vœu est exhaussé: à la fin du plan, l'hiver s'abat sur la bourgade. A côté de cela, Valérie doit faire face à un cruel dilemme, car elle est promise à Henri le forgeron, alors qu'elle aime secrètement Peter le bucheron. Et pour couronner le tout, sa mère lui avoue que sa sœur n'était que sa demi sœur, car elle n'est pas la fille du père de Valérie.

Les hommes du village partent en chasse et reviennent avec le corps d'un loup, mais de son côté, le prêtre (Lukas Haas toujours impeccable) réclame les services du Père Solomon (Gary Oldman), spécialiste du loup-garou depuis la perte de sa femme, emportée par l'une de ces créatures de la nuit. Et il y a du boulot. Valérie et les siens font face à une entité très puissante.

La mise en scène est assez élégante avec quelques jolis mouvements de caméra, mais la photo est un peu trop chaude comme éclairée avec des filtres teintés or. Les maquillages jurent terriblement parce que les personnages, féminins surtout, semblent être parés pour passer la nuit en boîte et, dans une imagerie moyenâgeuse, cela passe assez mal, comme si on assistait à une collaboration entre Charles Perrault et Barbie: c'est assez décontenançant. Il y a Gary Oldman qui nous sort un numéro très digne de sa réputation, une scène (volontairement?) hilarante entre Valérie et la bête. Puis, à un moment vers la fin, nous prenant vraiment pour des idiots, la réalisatrice se sert au moins deux fois d'une séquence de flashes back montés très serrés, pour bien appuyer son propos, au cas où l'on aurait pas déjà saisi. Tous ces petits bémols rendent finalement le film, non pas ennuyeux, mais très vite oubliable.

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