Critique

Simon Werner a disparu

 
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Il y avait bien longtemps que le cinéma français ne nous avait pas offert une telle bonne surprise. Pour son premier long métrage, Fabrice Gobert tisse une intrigue rondement menée autour du thème des apparences trompeuses. Ils prend un malin plaisir à exposer des personnages proche de la caricature (le beau ténébreux, la plus belle fille du lycée qui aurait été la meneuse des pompom girls dans un produit américain, le petit malingre renfermé, le sportif, la rebelle, etc.) pour mieux leur insuffler une aura particulière au fur et à mesure du dénouement de son intrigue policière, elle aussi traitée de manière assez classique, en apparence.

Le réalisateur et scénariste opte pour une construction qui revient sans cesse sur les mêmes situations, mais vues par quatre protagonistes différents, ce qui rend son film totalement passionnant à suivre, lui permettant de rebondir sans cesse sur le noyau central de son histoire tout en prenant des chemins de traverse en s'attardant sur les relations souvent amoureuses de ses personnages. Il ose aussi aborder des sujets très délicats comme la pédophilie ou l'homosexualité sans pour autant en faire le sujet de réflexion de son film, mieux, il s'en sert intelligemment comme prétexte ou comme fausses pistes, autant pour désorienter sa distribution que le spectateur.

En plus de cette indéniable maîtrise de mener à bien sa trame, Fabrice Gobert fait preuve d'une direction d'acteurs remarquable en utilisant à merveille le potentiel de ses jeunes acteurs tous impeccables dans leurs rôles respectifs. Et pour couronner le tout, il a le très bon goût de s'octroyer les services de techniciens hors paire comme Agnes Godard à la photographie ou le groupe Sonic Youth à la musique. Dire que l'on attend la suite de son travail avec impatience relève du pléonasme.

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