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Notre jour viendra

 
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Connu pour être le cofondateur depuis 1994 avec Kim Chapiron du collectif Kourtrajmé et l'auteur de deux clips vidéo d'une rare violence et passablement racoleurs, Stress pour Justice et Born Free pour M.I.A, le fils de Costa Gavras signe un premier long métrage étrange à plus d'un titre. Contant la dérive de deux parias roux, Notre jour viendra oscille entre le road movie et le pamphlet, mais ne parvient jamais à s'imposer comme une œuvre aboutie. On a en effet beaucoup de mal à éprouver de l'empathie pour ces deux personnages en révolte, car ils ne savent pas eux-mêmes ce qu'ils combattent. Se complaisant dans une persécution dont ils s'autoproclament les victimes, Patrick et Rémy sont aussi haïssables que leurs soit disant bourreaux moraux. Le spectateur assiste alors à une suite de situations qui, de drôles en début de film, deviennent de plus en plus scabreuses avec un apogée particulièrement dérangeant dans un jacuzzi où ils s'en prennent gratuitement à beaucoup plus faibles qu'eux. On ne sait vraiment pas où Romain Gavras veut en venir et du coup son premier long métrage devient vain et ce malgré un indéniable savoir-faire de réalisateur. On se retrouve typiquement face à une œuvre d'auteur qui essaie poussivement de dire quelque chose. On retiendra la direction d'acteur d'un très bon niveau et on saluera la performance d'un Vincent Cassel en grande forme, la bonne prestation d'Olivier Barthelemy et un sens du cadre indéniable, mais on ne saurait trop conseiller au cinéaste de, soit plancher beaucoup plus sur ses scenarii, soit de se tourner vers l'adaptation.

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