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Pirates des Caraïbes | La Fontaine de jouvence

 
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Quel plaisir de retrouver l'un des personnages les plus sympathiques engendré par les studios hollywoodiens depuis bientôt dix ans, Jack Sparrow, le flibustier imprévisible et dont on ne connaît jamais les véritables motivations. Dans le quatrième volet de ses aventures rocambolesques, avant de voguer sur les mers vers une île lointaine, il doit se sortir d'une situation bien embarrassante à Londres en s'évadant de rien moins que du palais du roi lui-même. Il le fait dans une séquence pleine de panache, d'abord par les airs grâce à un lustre et à un étendard traversant la rue avant de jongler brillamment avec le trafic routier de son époque. Ce qui frappe dans cette course poursuite, c'est un sens rare du rythme et une maestria du montage que l'on croyait en voie de disparition du côté de Los Angeles. C'est rapide, sans être haché, élégant sans être polissé, parsemé de gags sans être lourd, bref cela tient de la grande classe, sans sombrer dans le tape-à-l'œil. Quelques minutes plus tard, on retrouve avec plaisir cette art de faire dans un duel entre Jack et une de ses ex. Là encore, le montage suit les coups de manière très juste, passant d'un plan à l'autre avec virtuosité. On suit parfaitement bien la position des deux pugilistes dans leurs environnement. La scène est parfaitement lisible, ce qui fait trop souvent défaut dans ce genre de produit de grand spectacle.

Bien sûr, il ne faut pas chercher l'originalité à tout prix dans le scénario, mais son efficacité et son rythme suffisent amplement à remplir le contrat. De toute manière, ceux qui espèrent toujours du jamais vu, ne pourront qu'être déçus et frustrés, car c'est une approche, somme toute, assez malsaine d'aborder une œuvre; il est nécessaire parfois d'accepter ce que l'on nous offre sur un plateau sans se triturer les méninges dans le but de se prendre la tête. Donc, dans ce nouvel épisode, on cherche la source de jouvence, fantasme absolu de ceux qui n'acceptent pas leur condition de mortels, et cette chimère attire les convoitises aussi bien des pirates et des Anglais que des Espagnols, qui y dédient carrément une partie de leur armée. D'ailleurs ces derniers s'illustrent dans une scène étonnante où ils s'évertuent à détruire un temple qui est déjà en ruines, petite pique sous forme d'humour de la bêtise édifiante qui caractérise souvent tout ce qui porte un uniforme et des armes?

Film d'aventures par excellence, cette Fontaine de jouvence contient son pesant d'or, non seulement en action, mais aussi en émotion avec la relation entre une sirène et un religieux, et en humour, grâce à Jack Sparrow sous les traits d'un Johnny Depp en très grande forme, qui joue à merveille sur le cabotinage de son personnage. Il est une nouvelle fois parfaitement à l'aise dans le costume de ce bon vieux Jack et saluons l'idée de lui opposer Penelope Cruz qui amène une brise fraiche à la saga et un grain de folie particulièrement bienvenu. On retrouve aussi avec beaucoup de plaisir Geoffrey Rush et son Barbossa impayable.

Rob Marshall remplit donc sa mission sans bémol et nous offre un divertissement familial de très haute tenue en se permettant même une scène passablement gore sur la fin: un régal.

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