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Robin des bois

 
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Ridley Scott s'attaque au personnage qui a engendré la légende de Robin des bois, celui qui vole aux riches pour aider les pauvres, celui qui vit reclus dans la forêt de Sherwood avec sa bande de joyeux compagnons, celui qui a fait l'objet de nombreuses œuvres artistiques. Le film du réalisateur de Blade Runner s'achève où commencent les autres. On s'intéresse ici à Robin Longstride qui s'en revient des croisades avec le roi Richard Cœur de Lion. Témoin de la mort de ce dernier dans l'assaut d'un château français, Robin se fait passer pour Sir Robert Loxley, tué dans une embuscade tendue par le renégat Sir Godefroy qui travaille pour les Français et leur roi Philippe. Il rejoint donc Nottingham pour annoncer la triste disparition de son fils à Sir Walter Loxley et à sa femme Marianne. Dès lors, il deviendra le pivot central de la révolte des seigneurs anglais contre l'envahisseur français.

A septante-deux ans, Scott se lance dans une de ces aventures qu'il affectionne tant, le film historique à grand spectacle et il le fait très bien. Son film regorge de scènes épiques de batailles dont l'apogée est un débarquement français sur les côtes anglaises, mais malheureusement, au lieu d'innover, le cinéaste nous fait une sorte de remake de la séquence d'Omaha Beach de Saving Private Ryan avec cette astuce technique consistant à désargenter la pellicule qui devient presque cliché dans ce genre de scènes.

L'intérêt principal de ce Robin des bois est à chercher dans l'écriture des personnages et là, Scott convainc parfaitement. Son Robin est un homme ni bon, ni mauvais et Russell Crowe lui donne vie avec toute sa gouaille sans gommer ses zones d'ombre, ni son humour. Dans le rôle de Marianne, Cate Blanchett incarne une féministe avant 'heure et on a droit à quelques dialogues savoureux entre elle et Robin. L'immense Max Von Sydow, décidément très en forme après Shutter Island, campe un magnifique Sir Walter Loxley en lui offrant prestance et puissance malgré son âge avancé. Les seconds rôles ne sont pas en reste et l'on notera la prestation de Mark Strong en félon et celle très sympathique de Mark Addy qui prête sa bonhommie à Frère Tuck. Sans être un chef-d'œuvre, ce Robin des bois et un très bon spectacle qui ne souffre d'aucune longueur et qui a le mérite de nous offrir une personnalité au-delà de la légende du célèbre héros.

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