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Berlinale 2020: Bilan

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Voilà, on rentre avec l’incertitude pour ce qui concerne l’industrie du cinéma en général et les festivals en particulier, avec différents événements qui annoncent leur annulation ou report en raison de la situation sanitaire qui devient très vite globale. Ce qui offusque un peu le souvenir d’une Berlinale 2020 tout à fait satisfaisante, si l’on exclut les petits soucis organisationnels liés à certaines projections (mais ce n’était pas entièrement de la faute du festival, qui a dû faire avec en raison de la fermeture permanente d’un de ses cinémas principaux). Un défi, celui du 70e anniversaire, que le nouveau directeur Carlo Chatrian a transformé en triomphe: pour la première fois depuis des années on pouvait sentir la signature de quelqu’un qui a une vision claire du cinéma mondial et de sa place dans les kermesses internationales, alors qu’avec Dieter Kosslick, même si les films étaient souvent excellents, on percevait moins les critères derrière les choix. 

La qualité moyenne de la sélection était donc beaucoup plus haute, et en même temps les titres choisis étaient cohérents avec l’identité philosophique et politique de la Berlinale, comme l’a souligné le palmarès: encore une fois, après Jafar Panahi en 2015, c’est un cinéaste iranien qui ne peut pas voyager auquel on attribue l’Ours d’Or, un geste de solidarité au nom de la liberté personnelle et artistique (et en l’occurrence aussi au nom de la qualité, puisque There Is No Evil est un de nos souvenirs les plus positifs d’une compétition intéressante, certes, mais pas toujours incontournable). C’est aussi un geste qui ne serait pas déplacé dans une des éditions de Locarno dirigées par Chatrian, et la cinéphilie dont il a fait preuve en Suisse entre 2013 et 2018 (sans oublier ses collaborations avec la Cinémathèque et Visions du Réel) était toujours présente pendant les presque deux semaines de cette Berlinale, sur une plus grande échelle et même dans le choix pour le grand public, comme les nouveaux films de Pixar et de Matteo Garrone. On se réjouit d’ores et déjà de revenir, on l’espère, en 2021, dans les mêmes circonstances.