Actualité & Articles

Décès d'Ennio Morricone

Rédigé par |

Surnommé Il maestro, l’un des compositeurs de musique de film les plus légendaire est mort des suites d’une chute due à une fracture d’un fémur, il avait 91 ans.

Fils aîné de Mario Morricone, trompettiste de jazz et de Libera Ridolfi, femme au foyer qui lui donne trois soeurs et un frère, né le 10 novembre 1928 à Rome, Ennio Morricone est considéré comme l’un des plus grands compositeurs de musique de film de toute l’histoire du Septième Art. C’est son père qui le sensibilise à cet art dès son plus jeune âge et l’inscrit à l’Académie nationale Sainte-Cécile de Rome. Elève de Goffredo Petrassi, il obtient un diplôme de trompette à dix-huit ans. Sur les bancs de l’Académie, il fait la connaissance de Bruno Nicolai qui deviendra un fidèle collaborateur.

En 1954, Il obtient les diplômes de composition, d’instrumentation et de direction d’orchestre. Dès l’année précédente, il fait ses débuts dans la musique classique ou expérimentale et compose son premier arrangement professionnel pour une série d’émission radiophonique. En 1956, il épouse Maria Travia avec qui il aura trois fils, dont Andrea qui deviendra aussi compositeur, et une fille. Une année plus tard, il écrit sa première oeuvre classique mais les bénéfices sont insuffisants pour lui permettre de vivre de son oeuvre. Il se fait connaître en réalisant des arrangements pour la télévision et des chansons.

En 1960 avec Mario Nascimbene, il signe la musique de Morte di un amico de Franco Rossi mais n’est pas crédité au générique. Une année plus tard, il signe seul sa première vraie bande-originale pour la comédie Il federale de Luciano Salce.  Très prolifique, il signera la musique de 520 oeuvres audio-visuelles. 

Sa collaboration la plus célèbre est celle qu’il entretient avec Sergio Leone pour qui il signera la musique de six de ses sept longs métrages. A l’exception du premier film de Sergio Leone, Il colosso di Rodi, Ennio Morriconne marquera à jamais les cinéphiles du monde entier en signant les scores immortels de Per un pugno di dollari (1964), Per qualche dollars in più (1965), Il buono, il brutto, il cattivo (1966), Once Upon a Time in the West (1968), Giù la testa (1971) et Once Upon a Time in America (1984). Le couple artistique Leone - Morricone avait une manière particulière de travailler. Le compositeur travaillait avant le tournage et le réalisateur diffusait la musique sur son plateau, adaptant ses mouvements de caméra aux variations de la partition. Un des exemples les plus marquants est l’élévation de la caméra dans Once Upon a Time in the West quand on découvre la ville en chantier après avoir quitté Claudia Cardinale. Avant d’apparaître sur scène, le groupe Metallica entame tous ses concerts par The Ecstasy of Gold tiré de la bande-originale de Il buono, il brutto, il cattivo

Il travaille régulièrement avec Bernardo Bertolucci sur ses premiers films comme Prima della rivoluzione (1966), Partner. (1968), Novencento (1976), La luna (1979) et La tragedia di un uomo ridicolo (1981), Roland Joffee pour qui il signe la musique de The Mission (1986), Fat Man and Little Boy (1989), The City of Joy (1992) et Vatel (2000), Brian De Palama avec qui il collabore sur The Untouchables (1987), Casualties of War (1989), et Mission to Mars (2000), ou Henri Verneuil dont il signe les compositions de La Bataille de San Sebastian (1968), Le Clan des Siciliens (1969), Le Casse (1971), Le Serpent (1973), Peur sur la ville (1975) et I… comme Icare (1979).

Quand Stanley Kubrick préparait A Clockwork Orange, il voulait engagé Ennio Morricone car il admirait son travail et en particulier la musique de Once Upon a Time in the West. Mais Sergio Leone lui aurait dit qu’il n’était pas libre car il s’affairait à Giù la testa, même si cela s’est avéré mensonger par la suite. Morricone a toujours regretté d’avoir manqué cette opportunité de collaborer avec Kubrick qui a aussi considéré le compositeur pour Barry Lyndon, mais rien n’est sorti de cette idée.

Ennio Morricone touche à tous les genres cinématographiques, passant avec une aisance déconcertante de l’horreur (Orca 1977 de Michael Anderson, The Thing 1982 de John Carpenter ou White Dog 1982 de Samuel Fuller), à la comédie débridée (René la canne 1977 de Francis Girod ou La Cage aux folles 1978 d’Edouard Molinaro), en faisant des détours réguliers par les drames intimistes (Teorema 1968 de Pier Paolo Pasolini ou Il desserto dei tartari 1976 de Valerio Zurlini), les films engagés (Queimada 1969 de Gillo Pontecorvo ou Sacco e Vanzetti 1971 de Giuliano Montaldo), les fresques monumentales (Days of Heaven 1978 de Terrence Malick) ou La leggenda del pianiste sull’oceano 1998 de Giuseppe Tornatore), les films de gagnsters (State of Grace 1990 de Phil Joanou ou Bugsy 1991 de Warren Beaty), etc…

En plus de ses 91 nominations à des prix prestigieux dont cinq aux Oscars (Days of Heaven, The Mission, The Untouchables, Bugsy et Malena), Ennio Morricone remporte 83 trophées dont six Bafta (Days of Heaven, Once Upon a Time in America, The Mission, The Untouchables, Nuovo Cinema Paradiso partagé avec son fils Andrea et The Hateful Eight et deux Oscars (un pour sa carrière en 2007 que lui remet Clint Eastwood et Hateful Eight de Quentin Tarantino).

CONCOURS Gagnez des places pour voir Greenland

Participer