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Mostra de Venise 2019: Bilan

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En début d’année, on a eu la nomination à l’Oscar dans la catégorie du meilleur film pour Black Panther. Huit mois plus tard, Joker remporte le Lion d’Or à Venise, en soulignant encore une fois la nouvelle dignité cinématographique des films tirés de comic books. Certes, pour le film de Todd Phillips c’est plus facile, car l’esthétique s’inspire du cinéma de Martin Scorsese et il n’y a pas de super héros à proprement parler, mais le résultat reste impressionnant et marque l’excellente fin d’une soirée de remise de prix qui n’a pas très bien commencé, du moins pour ceux qui suivaient la cérémonie depuis la salle de presse: lorsque Lucrecia Martel, présidente du jury, est montée sur scène, certains accrédités (pas forcément journalistes, même si l’accès à la salle est théoriquement limité aux représentants des médias) l’ont ouvertement insultée en raison de ses propos concernant Roman Polanski au début du festival (ces mêmes personnes ont ensuite applaudi lorsqu’elle a remis un prix au film de Polanski). 

Bon, on peut imaginer que ceux qui critiquent le côté très hollywoodien de la Mostra auront des choses à dire là-dessus, et il est vrai que depuis quelques années l’esprit de découverte du festival se trouve essentiellement hors de la sélection officielle, mais le long métrage de Phillips mérite le prix principal et fait partie d’une très bonne sélection qui, malgré certains défauts liés aux limites géographiques (le continent africain était encore une fois absent de la compétition), a mis en évidence la multiplicité des potentialités du cinéma aujourd’hui. Une multiplicité qu’on espère retrouver l’an prochain, au début de septembre. 

Cela dit, il reste des choses à améliorer, et pas seulement au niveau des critères de sélection. On pense notamment à la section consacrée à la réalité virtuelle, quasiment impossible à couvrir selon les exigences professionnelles puisque ça se passe assez loin du Lido. Et puis, franchement, en 2019 il est inacceptable de confier la traduction sur scène des présentations de Venezia Classici à des personnes qui semblent ne pas maîtriser ni la langue, ni la connaissance du cinéma. J’explique: le 6 septembre, avant-dernier jour de la Mostra, j’a assisté à la séance du Passage du Rhin d’André Cayatte, en copie restaurée. La présentation, en français, mentionne le Lion d’Or que le film obtint en 1960, alors que beaucoup de gens pensaient que le prix aurait été attribué à Rocco et ses frères de Visconti. La traductrice a complètement transformé la phrase, en disant que le deuxième film est lui aussi parmi les titres notables de Cayatte. On dirait un mauvais scénario comique. 

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