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Berlinale 2019: Présentation

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Pour la huitième fois, je suis à Berlin pour suivre son festival de cinéma, qui est parmi les plus anciens au monde: dès aujourd’hui, et jusqu’au 17 février, il va fêter sa 69édition. Pas mal de bougies pour une kermesse prestigieuse où ont triomphé, entre autres, Paul Thomas Anderson, Terrence Malick, les frères Taviani et Jafar Panahi. Une kermesse qui, à la fin de cette édition 2019, changera un petit peu de peau: il s’agit, en fait, de la dernière fois que le festival sera dirigé par Dieter Kosslick. Quatrième directeur artistique de la kermesse, Kosslick est là depuis 2002, Berlin étant, comme Cannes, très axé sur la longévité (Moritz De Hadeln, prédécesseur de Kosslick, a dirigé la kermesse de 1978 à 2001). Sous sa direction, le festival a accueilli à plusieurs reprises Martin Scorsese, les frères Coen, Wes Anderson, Denis Côté, Ursula Meier, Lav Diaz. Noah Baumbach et Richard Linklater, entre autres. Le cinéaste allemand Fatih Akin, qui a par la suite fréquenté Venise et Cannes et qui revient cette année à Berlin en compétition, doit beaucoup à Kosslick, qui sélectionna en 2004 Head-On, lauréat de l’Ours d’Or. Et depuis 2015, après avoir présenté des produits télévisuels dans le cadre de séances spéciales, la Berlinale est le seul des quatre festivals majeurs en Europe à avoir une véritable section consacrée au petit écran (cette année on pourra notamment découvrir la première production suédoise de Netflix, Quicksand, ainsi que le remake de M – Le Maudit). 

Kosslick, qui sera remplacé par Carlo Chatrian (directeur artistique de Locarno de 2013 à 2018), est donc prêt pour d’autres aventures. Mais avant tout ça, il y a encore un dernier programme, riche et bourré de noms connus: rien que dans la salle du Berlinale Palast, où ont lieu les projections de la sélection officielle (compétition et hors compétition), le public pourra découvrir les nouveaux travaux de François Ozon, Agnès Varda, Hans Petter Moland et Lone Scherfig, qui ouvrira la kermesse avec son long métrage américain The Kindness of Strangers. Pour les connaisseurs de Netflix, il y a vraisemblablement beaucoup d’attente pour Marighella, première réalisation de l’acteur brésilien Wagner Moura, qui incarne Pablo Escobar dans Narcos. Il y aura même une petite odeur d’Oscar avec la première allemande de Vice, la comédie d’Adam McKay où Christian Bale incarne, avec l’aide d’un maquillage époustouflant et de pas mal de second degré, Dick Cheney. Sans oublier un grand hommage à l’histoire du cinéma par le biais du prix spécial qui sera remis à la comédienne Charlotte Rampling, lauréate du prix d’interprétation en 2015 pour 45 Years (qui figure dans la rétrospective partielle que le festival consacrera à l’actrice). 

Il sera aussi question d’histoire du cinéma dans le cadre de la Rétrospective à proprement parler: un portrait des femmes cinéastes en Allemagne à partir de 1969, occasion précieuse pour (re)découvrir des films moins connus (tous sous-titrés en anglais, ce qui fera la joie des cinéphiles internationaux). Sans oublier la section Panorama, qui fête en 2019 son quarantième anniversaire, avec une sélection de titres qui ont marqué son évolution (les films ont été choisis par Wieland Speck, curateur de Panorama de 1992 à 2017). Côté nouveautés, on se réjouit notamment de voir la première réalisation de Jonah Hill et le retour de Jayro Bustamante, qui avait surpris le public de la compétition en 2015 avec Ixcanul. Tout ça, et plus encore, pendant une dizaine de jours consacrés à toutes les formes du cinéma. 

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