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Mostra de Venise 2018: "First Man" de Damien Chazelle

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De la Terre à la Lune

Neil Armstrong et son rêve de la Lune sont au centre du nouveau long métrage du réalisateur de Whiplash et La La Land. Film d’ouverture de la 75eMostra de Venise. 

Après deux films qui racontaient sa passion pour le jazz, le cinéaste américain Damien Chazelle, lauréat de l’Oscar de la mise en scène pour La La Land, aborde cette fois la vie d’Armstrong. Neil, pas Louis. Il le fait avec un budget pas anodin (70 millions de dollars, d’après les informations officielles), mais la multiplication des financements n’a pas eu de répercussions négatives sur le côté intime et émotionnel de First Man, qui a inauguré l’édition 2018 de la Mostra de Venise. 

L’histoire est bien connue, et le suspens n’est pas une priorité (on sait déjà qu’on entendra les mots célèbres d’Armstrong sur les petits pas et les sauts gigantesques). Pour Chazelle, ce qui est important est le récit d’une obsession, comme dans ses films précédents: de 1962 à 1969, le noyau thématique et spirituel est le grand rêve de Neil (Ryan Gosling) et l’effet négatif que son travail a sur sa vie de famille (Claire Foy est époustouflante dans le rôle de Janet Shearon, première épouse d’Armstrong), surtout lorsque les différentes expériences au sein de la NASA commencent à faire des victimes. 

Les séquences au contenu spectaculaires justifient pleinement les choix formels et techniques de Chazelle, qu’il faut admirer sur grand écran (le film a été tourné en 65mm et IMAX), mais on est pas pour autant dans le territoire du blockbuster. Comme dans L’étoffe des héros de Philip Kaufman, dont First Man est une sorte de suite non officielle, l’élément humain occupe toujours la place centrale, et le jeu pas particulièrement expressif de Gosling est parfait pour Armstrong, qui cache ses émotions la plupart du temps (en revanche, le Buzz Aldrin bavard et politiquement incorrect montré dans le film est le personnage idéal pour Corey Stoll, source des moments plus drôles, bien qu’ils soient bourrés de tristesse). 

On sent parfois l’absence de la touche plus personnelle du cinéaste, le film étant à la fois inspiré de fait réels et basé sur un scénario que Chazelle n’a pas écrit (la signature est de Josh Singer, oscarisé pour Spotlight). Mais cette froideur apparente, qui est en réalité une sobriété associée au sujet, est sublimement compensée par un soin technique admirable, qui fait de First Man un objet inhabituel de nos jours: un produit adulte et intelligent qu’il est néanmoins obligatoire de voir dans la plus grande salle à disposition, comme si c’était Star Wars. Sauf que cette fois c’est pas si longtemps que ça, et dans une galaxie qu’on connaît plutôt bien…

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