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Mostra de Venise 2018: Les temps changent

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Ma première Mostra de Venise date de 2008. C’était la 65eédition, la première du deuxième mandat de Marco Müller. Le film d’ouverture était Burn After Reading des frères Coen, le festival rendit hommage à Ermanno Olmi, décédé il y a quelques mois, la rétrospective (oui, elle existait encore à l’époque) était consacrée au cinéma italien et le Lion d’Or fut remporté, non sans une petite polémique liée au règlement de la Mostra, par The Wrestler de Darren Aronofsky. J’avais 19 ans et un badge culturel, et ce fut une expérience plus courte que prévu en raison d’appendicite. 

Me voilà dix ans plus tard, avec un badge presse. Les Coen sont toujours à l’affiche, et Olmi fait partie du programme de Venezia Classici avec la copie restaurée de son deuxième film, Il posto. J’ai vécu pas mal d’aventures cinéphiles inoubliables, comme la première mondiale de Machete ou la rencontre, rapide mais gratifiante, avec Gary Oldman pendant la conférence de presse de La taupe. C’est à Venise que j’ai rédigé mes premiers textes pour Clap, et fait la connaissance de plusieurs confrères qui sont devenus des amis pour la vie. 

En raison de ce qui se passe dans le monde, le Lido est parfois un peu plus compliqué à parcourir, à cause de mesures de sécurité, et certains endroits ne sont plus les mêmes: le Movie Village, zone où les accrédités ont la possibilité de manger et de se détendre entre deux séances, n’a plus de stands de DVD, un détail fort triste pour les cinéphiles plus exigeants qui maitrisent l’italien, puisque Raro Video, référence précieuse en ce qui concerne des films d’auteur qu’on ne voit pas souvent, était toujours la source d’achats mémorables. Les médias ont évolué aussi, grâce aux réseaux sociaux, raison pour laquelle la Mostra a adopté une mesure qui a été rendue officielle la semaine passée: désormais, ceux qui vont aux séances pour la presse doivent tous attendre le début des projections officielles avant d’exprimer leur avis, y compris sur Facebook, Twitter et autres. Un détail qui a énervé certains de mes confrères, pour lesquels les réseaux sociaux sont une forme de communication assez importante. En même temps, la solution de Venise – qui est la même de Berlin – est préférable à la méthode cannoise, qui nous a obligé à voir les films soit en même temps que le public, soit le lendemain…

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