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Cannes 2018: Quinzaine des Réalisateurs

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« 65 films furent retenus, présentés dans deux vieux cinémas aujourd’hui disparus: le Rex et l’Olympia. Pas même de catalogue, juste une affiche-programme. » C’est ce que dit Pierre-Henri Deleau, délégué général de la Quinzaine des Réalisateurs de 1969 à 1998, en évoquant la première édition dans le bulletin de la Cinémathèque suisse, qui consacre du 1 mai au 22 juin une ample rétrospective aux 50 ans de la section indépendante du Festival de Cannes: 35 titres couvrant la période de 1968 (Yvon-Yvonnede Claude Champion) à 2015 (L’ombre des femmesde Philippe Garrel), avec des noms tels que Werner Herzog, Alain Tanner, Jacques Rivette, Todd Solondz, Xavier Dolan et, bien entendu, Martin Scorsese. 

C’est le grand cinéaste américain qui fait partie du côté ouvertement festif de la 50eédition, qui aura lieu sur la Croisette du 9 au 19 mai. La cérémonie d’ouverture sera marquée par l’attribution du Carrosse d’Or au réalisateur de Raging Bull, qui présentera également à 14h30 Mean Streets, le film qui marqua en 1974 le début de la relation entre le cinéaste et le Festival (Palme d’Or pour Taxi Driveren 1976, prix de la mise en scène pour After Hoursen 1986, présidence du Jury en 1998). La projection sera suivie d’une conversation avec le metteur en scène. 

Quant à la programmation régulière, Edouard Waintrop a effectué pour sa dernière édition en tant que délégué général une sélection cohérente avec se choix précédents: une offre variée de tous genres, du film indépendant américain à l’animation japonaise, du documentaire engagé à la comédie italienne. Cette dernière, Troppa graziade Gianni Zanasi, sera le film de clôture de la manifestation, tandis que l’ouverture a été confiée à Pájaros de verano, la nouvelle collaboration de Ciro Guerra et Cristina Gallego. Le rire est aussi à l’ordre du jour dans le nouveau long métrage de Pierre Salvadori, En liberté!, et pour les amateurs du cinéma de genre les émotions fortes sont promises par Mandy, présenté à Sundance en janvier. Le pitch: Nicolas Cage poursuit les satanistes qui ont tué sa femme. Et encore: Debra Granik, Mamoru Hosoda, Philippe Faucon et Gaspar Noé, de retour à la Quinzaine après vingt ans. 

Du côté des courts métrages il y aura le début de l’attendu projet Ce magnifique gâteau!, qui fera également l’objet d’une séance spéciale au Festival d’Annecy au mois de juin. Aussi de la partie, le cinéaste italien Marco Bellocchio, qui revient dans la salle du Marriott avec La lotta, nouveau travail réalisé dans le cadre de la formation en cinéma que l’auteur deVincereoffre aux jeunes dans sa ville natale de Bobbio (un autre court, Pagliacci, a été projeté à Venise en 2016 et est disponible parmi les bonus du DVD français de Fais de beaux rêves, le film d’ouverture de la 48eQuinzaine). Pour rappel, une partie de la sélection 2018 sera proposée au public romand dans le cadre d’une reprise aux Cinémas du Grütli à Genève, du 30 mai au 5 juin.