Actualité & Articles
Locarno 2017: toute la couverture

Locarno 2017: "Vinterbrødre" de Hlynur Pámalson

Rédigé par |

Au fond du trou

Présenté en compétition internationale du 70è Festival du film de Locarno, ce premier long métrage du cinéaste islandais ayant fait ses études à la Danish National Film School, Hlynur Pámalson, conte comment deux frères passent leur temps en dehors de leur travail dans une carrière, sur fond de besoin de reconnaissance et de jalousie.

C’est un blanc pesant où se confondent la neige et la poussière qui est le décor quotidien d’Emil et de son frère aîné, ouvriers dans une carrière aux conditions de travail extrêmement physiques et pénibles, quand ils ne sont pas dans des galeries étroites où ils doivent concasser de la roche à la pioche. Pour essayer de s’évader de cet univers étouffant et épuisant, Emil cherche à séduire l’une des rares femmes présentes sur le site. Mais son physique anodin et légèrement ingrat l’oblige à trouver d’autres stratagèmes et se trouve en concurrence avec les atouts indéniables de son frère. Et pour se faire un peu d’argent supplémentaire, Emil vend à ses collègues un alcool de sa fabrication. Saura-t-il gérer l’un et l’autre? C’est la question à laquelle Vinterbrødre (Winter Brothers) essaie de répondre en acculant son personnage principal dans des situations désagréables que sa grande naïveté n’avait pas prévues. Sa magouille d’alcool frelaté le conduit chez son chef et le met face à sa stupidité qui perturbe la collectivité des travailleurs et leur solidarité. Et son frère le bat au jeu de la séduction, ce qui nous vaut une scène de lutte peu banale par sa longueur et sa crudité. Hlynur Pámalson prend son temps pour illustrer l’ennui qui habite Emil et ses tentatives de le surpasser. La caméra, tout comme son protagoniste principal, attend les accidents qui viennent briser cette monotonie suffocante. Et cette attente est souvent veine.

Il est aussi question de la solidarité des deux frères, moyen de survie indispensable pour contrer le peu de sympathie qu’ils inspirent à leurs collègues. Film de lutte par essence, Vinterbrødre (Winter Brothers) dépeint la noirceur d’une humanité perdue car désormais vouée à la tâche et amnésique des avantages que la vie peut apporter. Ce long métrage désenchanté se vit comme une épreuve oscillant entre la claustrophobie due aux boyaux de la carrière et la pesanteur d’une atmosphère livide que la clarté du jour ne traverse que très rarement.

Dans le même sujet...

Locarno 2017: "Demain et tous les autres jours" de Noémie Lvovsky

Posté par |

Le 70è Festival du film de Locarno s'est ouvert avec une histoire simple sur les rapports entre une mère hors normes et sa fille, Noémie Lvovsky signe un film très réussi qui fait appel à la poésie et au fantastique de manière subtile, tout en restant ancré dans une réalité où la fantaisie semble de plus en plus suspecte.

Locarno 2017: "Beach Rats" d'Eliza Hittman

Posté par |

Avec "Beach Rats" proposé dans la section "Cinéastes du présent" du Festival de Locarno, la réalisatrice Eliza Hittman pose son regard sur une jeunesse qui s’ennuie et se laisse dicter son quotidien par un désenchantement qui a pris le dessus. On assiste à un regard sur le monde particulièrement défaitiste.

Locarno 2017: "Drei Zinnen" de Jan Zabeil

Posté par |

Avec son deuxième long métrage, Jan Zabeil met en scène un drame familial qui pourrait sembler anodin au premier abord. Il s’intéresse aux conséquences que peut subir un enfant face à la séparation de ses parents et comment ces dernières peuvent s’avérer radicales en le poussant dans les plus sombres tréfonds de son esprit.

Locarno 2017: "Laissez bronzer les cadavres" d'Hélène Cattet et Bruno Forzani

Posté par |

Ce soir, l’écran de la Piazza Grande prendra les couleurs vives de l’univers à nul autre pareil d’Hélène Cattet et Bruno Forzani grâce à la première mondiale de leur nouveau délire cinématographique, Laissez bronzer les cadavres, à la fois hommage appuyé aux westerns et polars italiens des années 70 et œuvre très personnelle.

Locarno 2017: "Lucky" de John Carroll Lynch

Posté par |

Le comédien John Carroll Lynch ("Fargo", "Shutter Island", "Gran Torino", "Zodiac") se retrouve en compétition au 70è Festival du Film de Locarno avec sa première réalisation, "Lucky", le portrait drôle et touchant d’un nonagénaire athée et de son entourage dans une petite ville du sud des Etats-Unis: un écrin idéal pour le sensationnel Harry Dean Stanton.

Locarno 2017: "Good Time" de Benny et Josh Safdie

Posté par |

Précédé d’une bonne réputation après sa sélection en compétition au dernier festival de Cannes, "Good Time" des frères Benny et Josh Safdie est un objet qui emporte la sympathie immédiatement, grâce à une situation inextricable et à des personnages qui ont eu droit à un vrai traitement scénaristique.

Locarno 2017: "Sparring" de Samuel Jouy

Posté par |

Film de boxe, mais pas que, traité avec ce qu’il faut de mélodrame, le premier long métrage de Samuel Jouy, Sparring, permet à Mathieu Kassovitz une performance mémorable toute en force et en finesse.

Locarno 2017: "Madame Hyde" de Serge Bozon

Posté par |

Serge Bozon présente en compétition internationale un film très librement inspiré de la pièce de Robert Louis Stevenson, mettant en scène une Isabelle Huppert habitée par son personnage comme elle en as le secret. Un dosage très habile entre le film social sur l’éducation et la transmission, et la comédie saugrenue.

Locarno 2017: "Wajib" d'Annemarie Jacir

Posté par |

En compétition internationale au Festival de Locarno, "Wajib" d’Annemarie Jacir suit une journée très particulière dans la vie d’un père et son fils se découvrant au-delà du lien de sang qui les unit. Un instantané de ce que devient la société israélo-palestinienne.

Locarno 2017: "9 Doigts2 de F.J. Ossang

Posté par |

F.J. Ossang présente son cinquième long métrage, "9 Doigts", en compétition du 70è Festival de Locarno. En 35mm et dans un noir et blanc impeccable, il nous invite à faire la connaissance d’une bande de malfrats nihilistes à travers un film étonnant avec une personnalité bien trempée.