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Cannes 2017: toute la couverture

Cannes 2017: Bilan

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Il arrive que les festivals majeurs aient des années moins bonnes, pour ainsi dire, pour de raisons qui ne dépendent pas entièrement de la volonté des organisateurs: si certains films ne sont pas prêts, il faut faire avec ce qui est disponible. Cela arrive même à Cannes, dont l’édition 2017 était notable pour l’absence totale de grosses productions hollywoodiennes, en raison du calendrier des sorties, ainsi que celle de cinéastes tels que Terrence Malick (Song to Song était déjà sorti dans plusieurs pays, tandis que Radegund vise vraisemblablement Berlin à cause de son sujet allemand), Abdellatif Kechiche (son nouveau projet est encore en post-production et risque d’être divisé en deux parties) ou Paolo Virzì (qui choisira probablement Venise pour dévoiler son premier long métrage en langue anglaise).

En entendant les avis de nos collègues, suisses et internationaux, dans les couloirs du Palais des Festivals, on pourrait parler d’une édition faible, surtout si on pense à la compétition officielle, vitrine principale de la manifestation. Un défaut magnifié par le fait qu’il s’agissait de l’année du soixante-dixième anniversaire. Si on pense à l’édition 2007, il suffit de mentionner des titres comme Zodiac, La nuit nous appartient, My Blueberry Nights, No Country for Old Men, 4 mois, 3 semaines, 2 jours (qui remporta la Palme d’Or), Le Scaphandre et le Papillon, L’Homme de Londres, Persepolis… Bref, une sacrée sélection. Cette année le programme était moyennement intéressant, avec très peu de vraies déceptions dans la compétition, mais il n’y a pas eu de coup de cœur unanime, ni de révélation fulgurante. Pas de Tree of Life, pas de Vie d’Adèle, pas de Fils de Saul.

En regardant le palmarès, on peut facilement imaginer que le Jury ait aussi eu de la peine à se faire séduire par l’offre du Festival. Alors que nous sommes personnellement très contents pour la Palme d’Or accordée à The Square, il est vrai que le film de Ruben Östlund est trop étrange pour avoir convaincu tous les membres de l’équipe présidée par Pedro Almodóvar. Leurs choix sont majoritairement compréhensibles (Joaquin Phoenix était le candidat logique pour le prix d’interprétation masculine, et le Grand Prix à 120 battements par minute, tout en étant plus politique et social que cinématographique, n’est pas particulièrement contestable non plus), mais il est difficile d’oublier la polémique sur Netflix qui a influencé même le travail du cinéaste espagnol et de ses collègues, en raison d’une déclaration en ouverture de manifestation qui a été mal interprétée.

Concernant Netflix, la société californienne fera parler de soi dans les mois à venir, puisque les autres festivals n’hésitent pas à programmer des films produits par la plateforme de streaming même si ceux-ci ne sortiront pas en salle (ou pas de manière classique, en tout cas). Cannes a bien sûr annoncé que la compétition sera désormais ouverte uniquement aux longs métrages dont les producteurs s’engagent à trouver une distribution traditionnelle sur le territoire français. Reste à voir si Cannes Classics acceptera un projet comme le dernier film d’Orson Welles, qui sera complété grâce à Netflix, ou si la boîte de Reed Hastings prendra en considération l’idée de revenir sur la Croisette sans aucune chance de gagner un prix.

En dehors de la qualité des films, le Festival a aussi été marqué par des soucis techniques et organisationnels, de l’alerte-bombe qui a provoqué un retard de 50 minutes lors de la projection presse du Redoutable au planning qui a transformé ce qui était en amont le véritable événement de cette année, à savoir les deux premiers épisodes de la nouvelle saison de Twin Peaks, en quelque chose de curieux mais pas indispensable. Sans oublier la nouveauté de la limite de places disponibles pour les journalistes dans le cadre des séances du lendemain, qui a agacé certains collègues.

Cela dit, Cannes reste Cannes, et cette édition n’a pas déçu au niveau des images et des titres dont on gardera un excellent souvenir: Jeanne d’Arc réinventée en petite chanteuse, Terry Notary qui débarque avec une force animale dans The Square, l’adorable cochon d’Okja, l’avant-dernière séquence de You Were Never Really Here. On attend déjà la 71e édition, en espérant que la cuvée de films soit plus fructueuse. 

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