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NIFFF 2017: Takashi Miike, enfant terrible du cinéma mondial

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En le présentant lors de l’avant-première mondiale de JoJo’s Bizarre Adventure: Diamond Is Unbreakable, la directrice artistique du NIFFF Anaïs Emery a décrit Takashi Miike comme étant l’enfant terrible du cinéma japonais. Elle a ensuite précisé, dans le cadre d’une conversation publique avec le réalisateur d’Audition et Ichi the Killer, qu’il serait plus correct de le définir l’enfant terrible du cinéma mondial. La raison? « Parce qu’il y a un seul Takashi Miike. »

Présence régulière au festival, du moins à travers ses films depuis plus de quinze ans, Miike est connu pour l’absence de compromis dans ses réalisations (son épisode de la série américaine Masters of Horror fut jugé trop extrême pour être diffusé aux USA), ainsi que pour sa prolixité: JoJo’s Bizarre Adventure, adaptation spectaculaire et divertissante du manga du même nom, est son 101e long métrage depuis ses débuts en 1991. Dans sa phase plus active il sortait six films en un an, maintenant il n’en fait que deux. « Si on fait les 100 mètres et le marathon, le même athlète ne court pas de la même manière. Les temps de tournage pour mes projets plus récents sont plus longs, le rythme n’est plus le même », a-t-il expliqué lors de la rencontre avec le public.

Quatre films de Miike ont été présentés au NIFFF cette année: JoJo en compétition, Blade of the Immortal (vu à Cannes en mai dernier) dans la section asiatique, Mole Song 2 (aussi fou que le premier volet) dans les Ultra Movies et, pour finir, Yatterman (2011) dans la rétrospective sur les comédies de science fiction. Des longs métrages étranges et très personnels, tout en étant souvent tirés de sources préexistantes. Blade of the Immortal, lui aussi inspiré d’un manga, est notable pour la participation de Jeremy Thomas parmi les producteurs. Miike dit à ce sujet: « Il fait du cinéma hollywoodien, mais il est de Londres. Il bosse souvent avec des acteurs japonais ». En parlant d’Hollywood, le cinéaste vient d’être invité à rejoindre l’Academy, l’organisation qui vote pour les Oscars.

Lors de sa présence festivalière, Miike a affirmé qu’à son sens il n’a pas tellement évolué depuis ses première réalisations, faites pour le marché VHS et quasiment impossibles à trouver aujourd’hui. Il s’est exprimé ainsi sur la possibilité que ses films disparaissent: « Je suis triste d’un côté, mais le cinéma digital n’est pas éternel non plus. L’important, c’est que les films survivent dans la mémoire des spectateurs. » Au niveau des vieilles habitudes qui ne meurent pas, Miike a tourné JoJo en Espagne, bien que le récit se passe entièrement au Japon. C’était déjà arrivé pour d’autres projets, mais il s’agissait de séquences spécifiques: « J’ai tourné en Californie parce que j’avais envie d’utiliser un hélicoptère, et la loi japonaise est très stricte à cet égard. »

Le public a aussi pu découvrir un côté plus méconnu du cinéaste, qui a tourné au Japon plusieurs courts métrages d’animation qui ont pour but de montrer aux enfants à quel point la violence peut être négative. Un détail assez drôle, si l’on connaît la filmographie de Miike (Blade of the Immortal est l’exemple le plus récent de sa créativité en termes de faire mourir les gens à l’écran). Quant à la possibilité de faire un long métrage animé, il n’exclut pas une éventuelle collaboration avec Hayao Miyazaki et le Studio Ghibli, mais un film entier tout seul serait assez compliqué. Et si on lui offrait l’opportunité de refaire un de ses anciens films avec un budget plus généreux? Aucune hésitation, il tournerait une nouvelle version de Visitor Q, qui occupe une place spéciale dans son cœur même si tous ses projets ont la même importance à ses yeux.

Miike reviendra-t-il à Neuchâtel, peut-être même pour tourner quelque chose? « Oui, bonne idée. Le lac est tellement calme que je pense que quelque chose va forcément se passer, comme une armée de yakuzas qui sortent de l’eau. Mais je ne pense pas qu’on me donnerait l’argent pour un projet pareil. » Peut-être que Kickstarter, évoqué pendant la conversation, pourra être utile dans ce cas…

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