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NIFFF 2017: "Colossal" de Nacho Vigalondo

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Nacho Vigalondo signe son deuxième film en anglais, un hybride de divertissement monstrueux et un récit sur les faiblesses humaines. Présenté au NIFFF dans la section Films of the Third Kind.

Gloria (Anne Hathaway) est au chômage depuis un moment et vient d’être larguée par son copain (Dan Stevens), vexé par une routine quotidienne qui tourne autour de l’alcool. Elle décide donc de quitter New York et passer du temps dans sa ville natale où elle décroche un job comme serveuse grâce à un ami d’enfance, Oscar (Jason Sudeikis). Pendant que Gloria essaie de réparer sa vie, une créature mystérieuse surgit à Séoul, et il semblerait que la femme et le monstre partagent une sorte de lien…

Présenté au Festival de Toronto en septembre 2016 et sorti dans les salles américaines quelques mois avant de débarquer en Suisse à travers la programmation du Festival International du Film Fantastique de Neuchâtel, Colossal est le deuxième long métrage en langue anglaise de Nacho Vigalondo, cinéaste espagnol qui s’intéresse depuis toujours aux relectures très individuelles des films de genre. En l’occurrence, il s’agit d’un hommage aux histoires de Kaiju, les créatures monstrueuses qui dominent les productions japonaises (Godzilla, Mothra et compagnie). Et à l’intérieur de cet exercice de style il y a une intrigue plus personnelle, intime, qui aborde les côtés sombres de l’esprit humain en général et l’alcoolisme en particulier.

Spectacle et drame sont gérés avec un très bon équilibre, le réalisateur étant visiblement passionné à la fois par le respect des conventions du genre et par les tribulations intérieures de ses personnages. L’union des deux éléments, à une époque où les productions liées aux monstres se concentrent quasi exclusivement sur le premier (voir le Godzilla de Gareth Edwards ou le plus récent Kong: Skull Island) engendre un parcours qui est certes imparfait, avec des passages moins convaincants lorsque le récit devient plus glauque, mais qui mène à une conclusion logique et narrativement parfaite. L’approche de Vigalondo donne une vigueur rafraîchissante au paysage cinématographique actuel, et on se réjouit de découvrir son prochain travail.

Côté jeu d’acteurs, Sudeikis montre encore une fois à quel point il est capable d’exploiter son charme comique pour explorer des territoires plus inquiétants, avec une prestation qui pourrait surprendre même ceux qui connaissent bien sa carrière. Anne Hathaway confirme pour sa part une affinité éblouissante avec ces personnages troublés, presque dix ans après le formidable Rachel Getting Married. On voit et on sent toute la souffrance physique et spirituelle de Gloria, avec l’ajout d’une volonté d’amélioration personnelle qui rend son voyage de maturation passionnant et touchant. En fait, il n’est pas si farfelu que ça d’imaginer que le nom de l’actrice soit mentionné à la fin de l’année quand il sera l’heure de juger les meilleures interprétations des douze mois de 2017. 

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