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Cannes 2017: toute la couverture

Cannes 2017: "Okja" de Bong Joon-Ho

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4.5 claps

Une belle cochonnerie

Marqué en amont par des controverses liées à sa distribution en salle (ou pas), le nouveau film du cinéaste coréen est un produit inventif et richissime, mais aussi suffisamment étrange pour comprendre pourquoi il a été produit par Netflix et non pas un studio traditionnel. En compétition au 70e Festival de Cannes.

Okja sera disponible sur Netflix à partir du 28 juin (mais il aura aussi droit à une sortie en salle pendant une période limitée aux Etats-Unis, en Angleterre et en Corée du Sud). Ce petit détail, lié au fait que le sixième long métrage de Bong Joon-Ho (The Host, Snowpiercer) a été produit par la société de streaming au lieu d’un studio conventionnel, a alimenté les polémiques après l’annonce de sa participation à la compétition du Festival de Cannes, puisqu’il ne sortira pas au cinéma en France (mais pas sans que Netflix ait essayé de contenter les exploitants de salles).

Ayant fait cette précision, voici le pitch du film: en 2007, le PDG d’une multinationale (Tilda Swinton) annonce la naissance d’un super-cochon. Ses petits seront élevés dans différentes fermes partout dans le monde, et en 2017 le meilleur parmi eux sera dévoilé au monde. Dix ans plus tard, c’est Okja, qui a grandi en Corée, qui aura droit à cet honneur. Sauf que les intentions de la multinationale ne sont peut-être pas les meilleures, ce qui pousse Mija, la fille qui a élevé Okja, à essayer de le ramener à la maison.

Or, soyons honnêtes: est-ce que ça a l’air d’un projet qui, même avec les plus grandes stars au monde dans les rôles principaux, aurait eu beaucoup de chances de sortir au cinéma en dehors de certains pays ou, à la limite, certaines salles indépendantes? Pour rappel, Snowpiercer, adaptation d’une BD française de genre avec Chris Evans (Captain America), a failli ne pas sortir du tout en raison de disputes avec le distributeur américain, et il a été un échec au box office. Ce n’est dont pas étonnant que Bong Joon-Ho ait accepté l’offre de Netflix, qui lui a accordé une liberté créative totale.

Cette liberté est pleinement visible à l’écran, qu’il soit grand ou petit: le film est par moments satirique, par moments pathétique, par moments tendre. Jake Gyllenhaal joue joyeusement de manière caricaturale et le personnage du titre est, pour rappel, un gros cochon mutant (et non, ce n’est pas un euphémisme politique). C’est un projet libre et fou, réalisé sans aucune crainte d’être censuré ou interdit au niveau de la distribution, avec une hilarante satire du capitalisme qui est menée jusqu’au bout, entre courses-poursuites déjantées et moments d’affection familiale entre la jeune fille et son animal domestique. Un objet précieux qui prouve que, dans les bonnes circonstances, Netflix n’est pas du tout l’ennemi du cinéma. Bien au contraire, c’est un allié incontournable pour les cinéastes. 

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