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Cannes 2017: toute la couverture

Cannes 2017: "Sea Sorrow" de Vanessa Redgrave

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Admirez-moi, s’il vous plaît!

L’actrice britannique fait ses débuts derrière la caméra pour aborder des problématiques liées aux droits de l’homme. Un sujet très noble traité de façon maladroite et parfois même égocentrique, dans un film dont la présence à Cannes est plutôt vexante.

Petite prémisse nécessaire: dans le cadre de la projection pour la presse à Cannes, dans la salle Bazin, votre serviteur a été parmi les dix dernières personnes admises dans la salle, après avoir fait la queue pendant presque une heure. En raison du nombre de places qui restaient, nous avons dû nous asseoir au premier rang, très proche de l’écran. Cette rangée s’est progressivement vidée après une demi-heure de ce film qui ne dure que 74 minutes, et il n’est pas difficile de comprendre la frustration de confrères qui ont quitté la salle avant la fin: non seulement Sea Sorrow (notre première projection cannoise cette année) est assez pénible comme expérience cinématographique, c’est aussi un produit indigne d’être sélectionné à Cannes (mais comme il est placé parmi les Séances Spéciales et nous sommes pas très nombreux à l’avoir vu il ne fera pas beaucoup de bruit, sauf s’il devait remporter la Caméra d’Or vu son statut de premier film).

Sea Sorrow, c’est une citation shakespearienne, venant de La Tempête, quand Prospero explique à sa fille Miranda pourquoi ils ont été exilés. La scène en question est lue dans le documentaire par deux acteurs britanniques, dont Ralph Fiennes dans le rôle du sorcier. Emma Thompson est aussi de la partie ailleurs dans le film, au service d’une opération conceptuellement louable mais formellement maladroite, mise en scène par Vanessa Redgrave qui commet aussi l’erreur fatale de se mettre en avant comme protagoniste. L’enjeu de Sea Sorrow, c’est de mettre l’accent sur les problèmes liés à la migration de nos jours et à la question des refugiés en particulier, avec des citations littéraires (celle de Shakespeare qu’on a mentionnée avant) et historiques pour expliquer aussi l’évolution des positions officielles concernant les droits de l’homme.

Le problème, c’est que le film devient vite une longue publicité, réalisée de manière plutôt élémentaire, pour les efforts de Redgrave elle-même, ambassadrice d’UNICEF depuis des années et particulièrement active dans le domaine de la tutelle des droits des enfants. Bien qu’il soit mis en place sans arrogance, cet égocentrisme nuit aux propos du film, et atteint son apex lorsque la comédienne nous montre, en gros plan, une pancarte avec un slogan écrit par sa petite-fille. Ça frôle le ridicule et l’insupportable à plusieurs reprises, surtout dans le contexte où le film a été dévoilé. Certes, Redgrave est un nom majeur et sa présence contribue au glamour de la kermesse française, mais le documentaire lui-même n’a pas vraiment de place dans une manifestation aussi prestigieuse.  

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