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FIFF 2017: toute la couverture.

FIFF 2017: "Sadako vs. Kayako" de Koji Shiraishi

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Croisements horrifiques

Qu’arrive-t-il quand un poisson d’avril devient un vrai film? On obtient un crossover intéressant sur le plan conceptuel mais  creux au niveau de l’exécution. Trop plat pour faire vraiment peur et pas suffisamment drôle pour une réflexion post-moderne sur le cinéma d’épouvante japonais.

La dernière séance de minuit du 31ème Festival International de Fribourg a été consacrée au genre d’opération qui est effectivement parfaite pour ces horaires-là dans le cadre d’une kermesse cinématographique (c’est d’ailleurs dans des contextes similaires que Sadako vs. Kayako a été projeté à Toronto et Turin), mais beaucoup moins intéressante dans des salles normales. Il est d’ailleurs notable que le film en question soit né comme blague pour le premier avril il y a deux ans, car on a plusieurs fois l’impression que le metteur en scène soit en train de nous berner.

L’idée en soi n’est pas du tout mauvaise, si l’on ignore la réputation pas très positive de Sadako Nakamura (Ringu) et Kayako Saeki (Ju-on)  suite à la sortie des remakes américains de leurs malédictions (le troisième volet de The Ring date de février 2017). En fait, un angle proposé au tout début du film, sur les fantômes du cinéma d’horreur japonais comme légendes urbaines, aurait pu être un joli point de départ pour une méditation sur le genre dans une optique vouée plutôt au second degré, comme Scream pour les films d’épouvante aux Etats-Unis. Cela aurait aussi ajouté un peu de piment à l’usage de la VHS, toujours présente malgré l’évolution de la technologie.

Or, le film fait très rarement peur, avec aucun vrai frisson et juste quelques moments de tension liés principalement à l’arrivée imminente de Kayako, dont le bruit caractéristique reste plutôt flippant. Et le second degré est lui aussi absent, ce qui rend l’opération assez ennuyeuse en attendant le duel entre les deux créatures démoniaques (si vous avez vu d’autres films avec le même concept, vous savez à quoi vous attendre en termes de minutage). Seul le personnage de l’exorciste, convoqué pour aider les protagonistes poursuivies par Sadako et Kayako, possède le charme nécessaire pour rendre tolérable la dernière partie du film.  Et comme le suggère une scène placée après le générique de fin, c’est loin d’être fini…

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