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FIFF 2017: toute la couverture.

FIFF 2017: "Apprentice" de Boo Junfeng

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L’art du métier bien fait

En compétition au Fiff 2017, Apprentice de Boo Junfeng traite de la vie et de la mort en les mettant sur un subtil pied d’égalité. On ressort du film convaincu d’avoir assisté à une oeuvre puisant son inspiration au coeur même de l’humanité. Sublime.

Ancien soldat, Aiman vient d’obtenir un poste de gardien de prison à Singapour. Il vit avec sa soeur qui est sur le point de quitter le pays pour suivre son ami australien. Un jour, il conseille Rahim son supérieur chargé des pendaisons proche de la retraite afin de trouver un fournisseur de corde digne de ce nom. Rahim voit en Aiman un successeur potentiel et il commence à lui apprendre comment réaliser une bonne exécution.

Avec ce sujet particulièrement peu léger, le cinéaste qui signe là son troisième long métrage parvient à sonder ce qui anime tout être humain: la vie et la mort. En octroyant à son personnage principal un passé et une filiation pour le moins douloureux, Boo Junfeng embrasse avec beaucoup de sensibilité des thèmes forts comme la culpabilité ou la résilience. Secondé par un casting irréprochable, il nous livre une oeuvre puissante qui reste en mémoire bien longtemps après la dernière image. Sous ses airs monolithiques de fonctionnaire de la mort partisan d’un travail bien fait, Rahim recèle des failles qu’il compense de manière très surprenante au volant de sa voiture.

Quand le cinéma parvient avec autant de finesse et de maestria à atteindre l’âme de son spectateur, on oublie le temps d’un instant que cet art primordial ne se cantonne pas uniquement à une industrie avide de bénéfices, au détriment de la qualité et de ce qu’il véhicule.

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