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Les Ardennes de Robin Pront aux Cinémas du Grütli

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Dès le mercredi 13 juillet, Les Cinémas du Grütli de Genève propose "Les Ardennes" de Robin Pront, film présenté entre autres au Festival de Toronto 2015 et au NIFFF 2016.
A cette occasion, les responsables du Grütli offrent des bières pour la sortie du film, le 13 juillet dès 18h30!

Deux frères bandits, un fraîchement sorti de prison, l'autre désireux d'échapper à leur passé criminel, forment un triangle amoureux potentiellement explosif avec une ex-petite amie, dans The Ardennes de  Robin Pront.

A la surface d'une piscine, Dave (Jeroen Perceval) halète à court d’air, alors qu’il s’extirpe d’un véhicule, laissant derrière lui son frère Kenny (Kevin Janssens), fuyant de nuit la scène d'un crime avec la petite amie de son frère, Sylvie (Veerle Baetens). La séquence d’ouverture poignante du film Les Ardennes traduit immédiatement que Dave a essayé toute sa vie de tenter de reprendre son souffle, pour échapper à la seule réalité qu'il connaisse.

Quatre ans plus tard à sa sortie de prison, Kevin ignore tout de la relation qui unit son ex-petite amie et Dave. Superficiellement, la vie de famille semble être faite de chaleureux câlins et de dîners conviviaux mais les tensions forte ourdissent, alors que Kenny tente de se faire à l'idée de la vie dans le droit chemin, et  que Dave et Sylvie luttent pour garder leur relation secrète.

Dave et Sylvie aspirent à une vie simple à regarder la télévision, la cuisson des pommes de terre, et à nager avec les enfants le week-end. Mais leur passé, qui inclut Kenny, ne va pas les laisser tranquilles. Bien que Sylvie fasse comprendre à Kenny que c’est fini pour eux, il ne prendra pas ce refus pour une réponse. Et quand il commence à soupçonner que Sylvie soit autrement impliquée, Kenny active les manivelles, ce qui amène à une confrontation palpitante dans l'ombre de la forêt des Ardennes en Belgique.

Le premier long métrage du réalisateur Robin Pront est subtilement réalisé  et emballe les spectateurs, leur infligeant un puissant coup de poing. Prenant sa place aux côtés des films néo-noirs mélancoliques comme Blue Ruin (2014) de Jeremy Saulnier, Les Ardennes est une version moderne et graveleuse du mythe classique de Cain et Abel.

Il y a beaucoup d’éléments dans le film qui sont très bons. Les images et l'atmosphère sont très précis, très mesurés et mettent en valeur les personnages. Les cadres et les compositions sont visuellement attrayants; ils se démarquent et reflètent les personnages forts et leurs tempéraments sauvages. Les acteurs eux-mêmes sont convaincants et agréables à regarder malgré la froideur du récit. Ils interprètent leur rôle avec conviction et contribuent à alimenter l’atmosphère étrange et marginale des Flandre et de la région d’Anvers.

Cependant, le film présente quelques faiblesses. Il commence comme une histoire forte, directe, laissant croire qu’il ira droit au but mais rapidement tourne en rond. Dans la première moitié, l'atmosphère est tendue alors que la suite du récit prend une allure peut-être un peu lente dans la seconde moitié. Les acteurs, la musique, la photographe, la mise en scène, tous les ingrédients semblaient très prometteur, très intéressants, mais l’assemblage manque d’ajustement. A vous de juger.