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Cannes 2016: "Personal Shopper" d'Olivier Assayas

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Personsl Shopper semble une déclaration d’amour de la part du réalisateur à son égérie, Kristen Stewart. Mais toute déclaration, aussi louable soit-elle, est-elle destinée à être publique?

A 26 ans, l’actrice américaine monte les marches de Cannes pour la troisième fois: en 2012, aux côtés de Walter Salles, en compétition pour Sur la route et cette année en tant que producteur du film Aquarius, et de ce nouveau film d’Olivier Assayas.

En 2014, l'ex-héroïne de la saga pour adolescents Twilight plongeait dans l’univers existentialiste d'Olivier Assayas avec Sils Maria. Elle semble y avoir pris goût puisqu’elle tient le rôle principal dans son dernier film, Personal Shopper, un thriller fantastique qu'elle lui a inspiré. L'actrice y est de tous les plans ou presque et semble émoustiller le désir du cinéaste qui ne peut s’empêcher de nous en faire part.

A la sortie de la projection, lundi soir, à la Salle Debussy, les commentaires allaient bon train. Lors du générique de fin, le film venait de récolté une pluie de sifflets et de huées. Les journalistes, dont bon nombre a quitté la salle en cours de projection, reprochaient au film son récit grotesque et bancal, l’irrégularité du jeu des comédiens inégaux et des effets spéciaux médiocres et ridicules.

Kristen Stewart y incarne une jeune Américaine qui vit à Paris, Maureen, qui est à la fois médium, hantée par la disparition récente de son frère jumeau, et "personal shopper", c’est-à-dire acheteuse particulière d’un mannequin qui passe son temps entre les défilés de mode et les soirées mondaines, délègant à Maureen le soin d’effectuer ses achats à sa place.

 Par ce biais, Olivier Assayas fait une incursion, voire une immersion assez inintéressante dans l’univers du prêt-à-porter ou rutilent les robes à paillettes comme les bijoux onéreux, où la communication est réduite aux  smartphones et aux ordinateurs portables. Cela nous vaut d’ailleurs une interminable séquence d’échanges de sms entre un mystérieux harceleur et Maureen quand cette dernière n’est pas avec son ami sur Skype.

 Les tentatives de Maureen d’entrer en communication avec l’au-delà amène Olivier Assayas à flirter avec le surnaturel  dont l’irruption frise souvent le ridicule: des verres d’eau qui flottent dans l’espace, un ectoplasme qui vomit une brume verdâtre en pleine nuit, Maureen qui converse avec des robinets desquels l’eau coule à flots. Pourtant, le cinéaste semble très documenté sur le sujet et fait moult références: Hilma af Klint, artiste suédoise dont les tableaux abstraits auraient été dictés par les esprits ou les tables tournantes de Victor Hugo à Jersey.

.On finit par comprendre les huées qui ont accompagné le générique de fin de Personal Shopper. Pour rappel, certains films ont connu le même accueil comme, en 1994, le film de Quentin Tarantino, Pulp Fiction, qui a été hué même s’il a fini par remporter la Palme d'Or, ou encore Taxi Driver de Martin Scorsese, avec Robert De Niro, qui avait été fortement critiquée en 1976. Plus récemment, on songe à Terrence Malick avec son Tree of Life.

Cependant, il est peu probable que le film d’Olivier Assayas connaisse une issue si heureuse.

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