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Cannes 2016: "Fai bei sogni" (Fais de beaux rêves) de Marco Bellocchio

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Le nouveau long-métrage de Marco Bellocchio, Fai bei sogni (Fais de beaux rêves), a été choisi pour ouvrir la Quinzaine des réalisateurs de la 69e édition du Festival de Cannes. Tiré du roman à succès de Massimo Gramellini, il raconte l'élaboration du deuil auquel un enfant est confronté à la mort de sa mère, et est porte par Valerio Mastandrea et Berenice Bejo.

Marco Bellocchio a reçu des applaudissements nourris au Festival de Cannes pour son dernier film, honoré par dix minutes d’ovations après la projection.

Son adaptation pour le grand écran du roman éponyme et autobiographique de Massimo Gramellini raconte le deuil du journaliste après la perte de sa mère quand il avait neuf ans. Bellocchio qui célèbre cette année ses 77 ans semble avoir apprécié de voir son film présenté dans une section sans concourir en déclarant avec humour: «Cela me détend bien, pour être honnête, à mon âge, je préfère aller ni ici ni dans un autre festival, mais pour le bien du film, nous sommes ici, pour l'esprit de collaboration, et parce que nous espérons que présenter le film à Cannes l’aidera a trouver son public.»

Le film raconte l'histoire de Massimo, un journaliste, dont l'enfance est brisée par la mort de sa mère bien-aimée en 1969, provoquant un vide qui le tourmentera durant toute sa vie. En 1990, Massimo est devenu un journaliste accompli, mais son passé le hante. Alors qu’il doit vendre l’appartement de ses parents, les blessures de son enfance tournent à l’obsession. Interprété par la vedette italienne Valerio Mastandrea, le héros a un comportement timide, nerveux, désenchanté. Seuls le football et son amour pour Elise (Bérénice Bejo) le sauvent des vicissitudes liés aux souvenirs doux et douloureux, de l'euphorie et de la tristesse de sa mère.

L'histoire de Gramellini permet au cinéaste de traiter de nombreuses questions abordées dans ses précédents films: la famille, la mère (détruite, assassiné, absente), le père, la maison où se déroule la moitié le film et les moments différents, sur au moins trente ans, dans lesquels l'Italie change radicalement. La jonction entre Gramellini et Bellocchio est la terrible tragédie de la perte d'une mère bien-aimée, une mère que le protagoniste n'a jamais cesser d’aimer malgré l’absence physique.

La femme qui sauve le protagoniste est interprété par Berenice Bejo, qui le soutient pendant qu’il construit sa carrière de journaliste sportif, correspondant de la guerre en Bosnie, d’auteur d'une colonne dans laquelle il répond aux lettres des lecteurs, et tente de se réconcilier avec la douleur avec laquelle il n'a jamais appris à vivre et avec un secret gardé pendant des décennies dans une enveloppe. Le thème fort de cette histoire est la difficulté d'accepter les choses que l’on ne veut ou peut pas accepter même si elles sont là, sous les yeux, que l’on ne peut pas voir parce que c’est au-dessus de nos forces.

Pour les spectateurs qui ont lu le roman, il est évident que le film fait des choix scénaristiques plus adaptés à la langue cinématographique. La thématique, à la portée universelle, a séduit les spectateurs par la délicatesse du traitement et l’excellente interprétation des acteurs.

Présent sur la Croisette pour le film de Marco Bellocchio Valerio Mastandrea y a aussi présente, toujours à la Quinzaine, Fiore di Claudio Giovannesi, l'histoire de Roméo et Juliette dans une prison pour mineurs où il joue le père de la jeune protagoniste. Le cinéma de la péninsule italienne se porte à merveille.

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