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Cannes 2016: "Mademoiselle" de Park Chan-Wook

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Les journalistes ont découvert samedi matin Mademoiselle, de Park Chan-Wook, cinquième film en compétition au 69e Festival de Cannes

Présenté ce samedi en compétition officielle, le thriller érotique du réalisateur sud-coréen, adapté du roman de Sarah Waters, n'a pas laissé les festivaliers insensibles ni indifférents. L’érotisme saphique qui suscite émoi et frissons sur la Croisette, voilà qui n’est pas nouveau: La Vie d'Adèle en 2013, Carol en 2015, et cette année Mademoiselle. L'amour entre femmes inspire les cinéastes comme les programmateurs du Festival de Cannes.

En 2004, Park Chan-Wook est reparti avec le Grand Prix du jury présidé par Quentin Tarantino pour son Old Boy, qui avait marqué l'un des temps forts du Festival de Cannes. Cinq ans plus tard, Park Chan-Wook montait une fois encore les marches pour Thirst, ceci est mon sang, lauréat cette fois du Prix du Jury ex-aequo avec Fish Tank d’Andrea Arnold. Son dernier né, Mademoiselle, était donc vivement attendu sur la Croisette et n’a pas déçu l’attente ni des journalistes ni des festivaliers.

Park Chan-wook a étudié la philosophie à l'université de Sogang mais, comme le département, dominé par la philosophie analytique n'offrait pas les cours d'esthétique qu'il souhaitait étudier, Park Chan-wook trouve son centre d'intérêt dans le cinéma, après avoir vu Sueurs froides d ’Alfred Hitchcock. Ses intérêts, que ce soit la philosophie ou l’esthétique, traversent sa filmographie et se retrouvent dans son dernier opus.

Après une parenthèse anglophone, à la production de Snowpiercer et à la réalisation de Stoker (avec Mia Wasikowska et Nicole Kidman), le cinéaste renoue avec ses racines et signe un thriller dans une maison bourgeoise des années 30, en pleine colonisation japonaise (le film est donc parlé à la fois en coréen et en japonais). Une jeune femme est engagée comme servante d'une riche japonaise, vivant recluse dans un immense manoir sous la houlette d'un oncle tyrannique et lubrique (Cho Jin-woong). Mais Sookee (Kim Tae-ri) a un secret. Avec l'aide d'un escroc (Jung-woo Ha) se faisant passer pour un comte japonais, ils ont d'autres plans pour Hideko (Kim Min-Hee).

Park Chan-wook  entraine imperceptiblement les spectateurs dans un univers de plaisir sadique où les dominés/dominateurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Dans une mise en scène d’une maitrise époustouflante et efficace,  le cinéaste exécute un brillantissime jeu de dupe et ne cesse de surpendre par des revirements de situations déstabilisants et ludiques. Selon les jeux d’influences entre les protagonistes, le cinéaste divise son film en trois parties. Quelques longueurs dans la deuxième partie du film ralentissent le rythme du récit alors que divers flash-backs permettent de revenir sur l'enfance d'Hideko.

 D’une facture esthétisante et d'une beauté picturale, à l’instar des protagonistes, le film semble une estampe ou chaque coup de pinceau est judicieusement apposé, ou chaque plan a été minutieusement préparé, évalué et soupesé. Les couleurs généreuses et chaudes du manoir où se passe la majeure partie de l'intrigue contrastent avec l’âpreté des sentiments. Le public se laisse séduire, conquérir, envouter, et se retrouve, de manière consentante, subjugué par l'allure bichonnée et élégante de la mise en scène. Subtilement, de manière insaisissable, les spectateurs sont immergés avec bonheur et délice dans cet univers de séduction et de jeux de rôles troublants, de faux semblant, où les scènes érotiques deviennent rapidement des scènes purement sexuelles sans jamais ne sombrer dans la pornographie.

Comme toute parenthèse de plaisir inavouable, on en redemande. On songe inévitablement a L'Empire des sens, Nagisa Ōshima, sorti en 1976 et qui avait créé l’ébullition à l’époque. Quarante ans plus tard, Mademoiselle suscite la même effervescence et pourrait bien décrocher le Prix de la mise en scène.

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