Actualité & Articles
Cannes 2016: Toute la couverture

Cannes 2016: "I, Daniel Blake" de Ken Loach

Rédigé par |

5 CLAPS

Dans son dernier opus, Ken Loach s’intéresse à l’indignation publique qui règne autour des sanctions des prestations (chômage, invalidité, aides sociales) et le recours aux banques alimentaires. La situation en Grande-Bretagne est aujourd’hui bien pire pour les travailleurs que quand le cineaste réalisait Cathy Come Home pour la série Wednesday Play en 1966.


Le cinéaste vétéran parle rarement quand il est en train de développer un projet mais, comme il est profondément préoccupé par la politique du gouvernement sur les avantages et le régime des sanctions, il a laissé entendre, dans une interview au Guardian, qu’il ferait un film sur ce sujet br
ûlant.

Loach, 79 ans mais d’une éternelle jeunesse d’esprit, presente ce soir au public I, Daniel Blake, basé sur la recherche de l'écrivain Paul Laverty sur les Jobcentres, qui s’est penché sur les sanctions des prestations et les banques alimentaires. Il raconte l'histoire de Blake, qui a travaillé pendant quarante ans comme menuisier, mais est ensuite forcé d'abandonner le métier et réclamer des prestations suite à une crise cardiaque en plein travail. Blake souhaite reprendre sa vie professionnelle mais son cardiologue comme son généraliste s'y opposent. Malgré ces avis médicaux, l’expert mandaté par l’assurance invalidité l’estime apte à reprendre son activité. Le film de Ken Loach dévoile progressivement, à travers les recherches assidues mais désespérées de Daniel Blake (Dave Johns), l’aberration et les failles du système actuel en vigueur en Angleterre et qui semble d’une cruauté amorale, Ce que le film de Loach dénonce est le fait que ce système, mis en place par des bureaucrates qui ne connaissent que la realite et le confort de leur bureau, pèse sur les personnes les moins en mesure de supporter de telles épreuves. A travers les démarches de Blake et le soutien paternel qu’il apporte à sa nouvelle amie, Katie (Hayley Squires) et à ses deux enfants, Daisy et Dylan, Ken Loach souligne l’inefficacité bureaucratique vindicative qui s’acharne sur les plus faibles et la faim qui est utilisée comme moyen de pression. Les gens sont obligés de chercher du travail qui n'existe pas: voilà l’incohérence du système que dévoile, sans concession, I, Daniel Blake.

Le cinéaste a appelé le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn afin qu’il mette en évidence l’aberration de cette situation. Les gens se sentent opprimés, écrasés et surtout impuissants.

Sans être didactique ni susciter la pitié, Ken Loach convainc rapidement en décrivant simplement le quotidien kafkaïen de cette jeune mère célibataire, intensément jouée par Hayley Squires, et ce veuf qui n’entre plus dans aucune cases de la société administrative. Le message que Loach soutient a une portée universelle et ne peut laisser insensible. En infatigable militant, il rappelle les choses comme il les voit dans ce plaidoyer réussi pour les démunis et les  sans-abri.

Ken Loach avait déjà déclaré que Jimmy’s hall serait son dernier film en 2014. Il affirme la même chose au sujet de I, Daniel Blake mais il semblerait que sa Muse créatrice continue de l’inspirer.

Dans le même sujet...

Cannes 2016: La sélection officielle

Posté par |

Entre le 11 et le 22 mai lors du 69ème Festival International du Film de Cannes, 21 cinéastes dont seulement 3 femmes concourent pour la Palme d'Or avec 20 films représentant 13 pays différents.

Cannes 2016: Ouverture "Café Society" de Woody Allen

Posté par |

Pour la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, le nouveau film de Woody Allen représentait une valeur sure très inattendue. "Café Society" renoue avec les meilleurs films du cinéaste new-yorkais, distillant une atmosphère jazzy qui imprègne cette comédie parfaitement nostalgique.

Cannes 2016: "Rester vertical" d'Alain Guiraudie

Posté par |

Ce jeudi 12 mai, la presse a découvert le premier film français de la compétition, "Rester vertical" d'Alain Guiraudie, présenté ce soir au public dans le Grand Théâtre Lumière: un film déconcertant qui pose des questions existentielles.

Cannes 2016: "Mademoiselle" de Park Chan-Wook

Posté par |

Comme toute parenthèse de plaisir inavouable, on en redemande. On songe inévitablement a "L'Empire des sens", Nagisa Ōshima, sorti en 1976 et qui avait créé l’ébullition à l’époque. Quarante ans plus tard, "Mademoiselle" suscite la même effervescence et pourrait bien décrocher le Prix de la mise en scène.

Cannes 2016: "Loving" de Jeff Nichols

Posté par |

Si certains critiques ont reproché une linéarité et une platitude au film, Jeff Nichols a choisi un sujet qui a ému et provoqué quelques larmes parmi les spectateurs. Il pourrait récolter un prix d’interprétation pour ses acteurs.

Cannes 2016: "Pericle il Nero" de Stefano Mordini

Posté par |

Unique film italien en compétition à Cannes 2016 dans la section Un Certain Regard, "Pericle il Nero" de Stefano Mordini, suit les nombreuses vicissitudes que traverse Pericle, un homme de main à tout faire d’un chef maffieux. La camera de Mordini suit sa longue période de gestation pour se libérer du milieu.

CONCOURS Gagnez QUATRE places pour aller voir le film en famille

Participer