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Cannes 2016: "Rester vertical" d'Alain Guiraudie

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Ce jeudi 12 mai, la presse a découvert le premier film français de la compétition, Rester vertical d'Alain Guiraudie, présenté  ce soir au public dans le Grand Théâtre Lumière: un film déconcertant qui pose des questions existentielles.

Rester vertical, le cinquième long métrage dAlain Guiraudie s’ouvre sur une séquence dans l’habitacle d’une voiture qui file à vive allure sur des chemins de campagnes. Soudain, son conducteur freine pour héler un jeune garçon qui déambule le long de la route. Le conducteur sort de sa voiture et aborde le jeune homme. Il s’agit de Léo, qui, sans domicile fixe ni emploi, parcourt les vastes plateaux de la Lozère et les magnifiques paysages de l’Aveyron. Fasciné par les loups, il souhaite pouvoir en observer. Au détour de ses pérégrinations, il fait la rencontre de Marie, une bergère. Il se mettent a échanger sur le loup, qui terrorise les troupeaux de moutons comme leurs éleveurs sur le grand causse de la région. Léo s’établit aussitôt dans la maison de son père, agriculteur. Ils ont rapidement enfant, mais Marie le rejette et fuit avec ses deux ainés. Léo s’en occupe seul.

Le film de Guiraudie distille tout au long du récit un suspense existentiel dans un cadre bucolique qui devient un protagoniste à part entière. Léo semble un double probable du réalisateur, incarné par l'acteur Damien Bonnard, écrivain en mal d’inspiration, censé produire un scénario à un producteur qu’il passe son temps à éviter. On comprend la suggestion de la page blanche, la difficulté à s’assumer et à assumer ses responsabilités.

Dans cette campagne ensoleillée et lumineuse, Léo croise trois hommes à l'homosexualité plus ou moins assumée, entre attirance et répulsion, séduction et rejet, désirs et paradoxes des sentiments. Ces trois personnages, le père de Marie, paysan bourru et fruste, un vieux papy bougon qui tient des propos homophobes et écoute du Pink Floyd à pleins décibels, Yoan, le jeune adolescent qui semble le gay le plus assumé mais les apparences sont trompeuses... Ponctuellement, Léo se rend dans la yourte d’une guérisseuse rocambolesque qui l’aide a révéler son for intérieur. 

Coutumier du genre, Guiraudie nous sert quelques scènes d'amour physique qui semblent parfois superflues ainsi qu’une scène d’accouchement qui en a refroidis plus d’un ce matin. Au fil du récit, Alain Guiraudie semble vouloir livrer une leçon de philosophie par le truchement de ses questionnements métaphysiques, aboutissant à la conclusion qu’il faut savoir rester vertical et surmonter les obstacles qui jonchent le chemin de notre vie. A travers l’itinéraire chaotique de Léo, le cinéaste met en exergue la difficulté  d'endosser ses responsabilités et ses choix sur fond de misère paysanne et solitude, sentimentale comme sexuelle.

La quête des loups que mène Léo se veut une métaphore de la vie: tout comme ses propres peurs, il vaut mieux oser les affronter. Le film de Guiraudie interroge, déconcerte et suscite bien des interrogations au-delà de la projection.

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