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Cannes 2016: Ouverture "Café Society" de Woody Allen

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Pour la soirée d’ouverture du Festival de Cannes, le nouveau film de Woody Allen représentait une valeur sure très inattendue. Café Society renoue avec les meilleurs films du cinéaste new-yorkais, distillant une atmosphère jazzy qui imprègne cette comédie parfaitement nostalgique.

Jesse Eisenberg, en tète d’affiche, incarne Bobby Dorfman, un transfuge new-yorkais essayant de faire son nom dans l univers hollywoodien dans les années 1930. Travaillant pour son oncle Phil (Steve Carell), puissant  producteur, Bobby tombe sous le charme de la jeune maîtresse de Phil, Vonnie (Kristen Stewart). Pendant ce temps, son frère Ben (Corey Stoll) étend son empire de gangster à New York tout en essayant d'attirer Bobby à la maison.

Comme son créateur dont il semble être le double, Bobby vit une terrible névrose, déchiré entre New York et Los Angeles, déchiré entre une blonde et une brune, dilemme existentiel et amoureux que Jesse Eisenberg incarne à merveille, sur fond de règlements de comptes de gangsters juifs, d’intellectuels et du marché du showbiz.

La livraison annuelle de Woody Allen fait la part belle à l’âge d’or du showbiz et n’est pas sans rappeler l’atmosphère de plusieurs de ses films: pour les choix musicaux, on se replonge dans Radio Days (1987). Les gangsters et les boîtes de nuit rappellent Bullets Over Broadway (1994). La structure romanesque et la narration partagée s’assimile a celle de Hannah et ses sœurs (1986).

A l’heure où le politiquement correct règne en maitre et que plus personne n’ose rire des religions et de leurs travers, Woody Allen se permet moult plaisanteries sur les Juifs new-yorkais, leurs habitudes et leurs marottes. Des vagues de rire se sont succédé hier matin lors de la projection destinée a la presse. 

Grâce au directeur de la photographie Vittorio Storaro (Le Conformiste, Apocalypse Now), Woody Allen réussit a travailler numériquement pour la première fois, créant des merveilles visuelles. Storaro baigne l'écran en lumière rougeoyante, révélant subtilement les silhouettes à la lueur des bougies d'une manière picturale.

Kristen Stewart, qui, depuis ses débuts, ne sait servir qu’une seule mimique qu’elle ballade de film en film, prouve ici qu’elle peut être une grande actrice, à la palette de jeu bigarrée, puisqu’elle est bien dirigée.

Le film fait écho à diverses périodes du cinéaste qui s’inspire ouvertement de sa propre vie (le producteur quinquagénaire qui convole en justes noces avec sa secrétaire de vingt-cinq ans sa cadette) a une résonnance presque testamentaire

Alors que Woody Allen, impassible, foulait le tapis rouge en compagnie de  sa femme Soon-Yi Previn et de ses acteurs, Kristen Stewart, Blake Lively, Steve Carell, Jesse Eisenberg, les tabloïds américains publient les propos de Ronan Farrow, fils de Woody Allen, qui réaffirme son soutien à sa demi-sœur, Dylan, qui a, par le passé revendiqué avoir été agressée sexuellement par Woody Allen. Plus tard, lors de la présentation du film au cinéma Lumière, le maître de cérémonie Laurent Lafitte a choqué le public quand il a osé une blague sur Woody Allen et Roman Polanski en déclarant: «Ces dernières années, vous avez beaucoup tourné en Europe alors que vous n'êtes même pas condamné pour viol aux Etats-Unis». Le réalisateur américain, assis aux côtés de Kristen Stewart et de sa femme, n'a guère semblé apprécier ce trait d'humour "so frenchie". Vu le succès auprès du public, Woody Allen n’a pas de soucis à se faire.


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