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FIFF 2014: Le cinéma de Slava Bykov

FIFF 2014: "Big Bad Wolves" en séance de minuit.

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Film 2013 préféré de Quentin Tarantino, Big Bad Wolves pose une sérieuse question quant à l'attrait de certains spectateurs pour le sadisme gratuit. D'emblée le long métrage de Navot Papushado et Aharon Keshales prend le parti pris on ne peut plus putassier de la vengeance personnelle sur une personne soupçonnée de pédophilie. Autant les tortionnaires, pour certains membres de la police (voir le ridicule des deux agents très mal joués du début) et pour les autres, parents d'une des petites filles violées et décapitées, que le spectateur n'ont aucune preuve de la culpabilité de cet homme que l'on torture en lui faisant subir le même sort qu'à ses présumées victimes, à savoir, cassage de tous les doigts de la main avec ou sans marteau, arrachage de tous les ongles des orteils, etc.

Mais comme il s'agit d'une affaire de pédophilie, ce crime odieux qui se devrait de réhabiliter la peine de mort pour les esprits qui se laissent aveuglément guider par l'émotionnel, tout est permis, même si rien ne prouve la culpabilité de celui que l'on prend un malin plaisir à faire souffrir. Le père de la petite victime est l'image même de cette vengeance aveugle qui répond à l'adage "oeil pour oeil, dent pour dent" et devient pire que celui qu'il croit être responsable de la mort de sa fille.


Ce qui dérange dans ce film malsain, c'est qu'il est empreint de sadisme, le justifie et en fait un objet de divertissement des plus vulgaire et nauséabond. Il n'y a aucune réflexion comme c'était le cas dans le traumatisant mais autrement intelligent Les 7 jours du talion du Québécois Daniel Grou, juste de la violence gratuite et des scènes racoleuses, comme celle où le père justifie sa perversion en lisant le rapport de police avec tous les détails sordides qu'ont subis les petites filles tombées dans les mains de leur meurtrier.


Rajoutez à cela un humour de sale gamin qui se veut noir mais rate systématiquement sa cible par sa lourdeur indescriptible de bêtise et un plan final d'une facilité et d'un manque de dignité flagrant qui prouve que la personne torturée pendant tout le film est effectivement le pédophile assassin recherché, et vous obtenez une chose sans aucun intérêt, si ce n'est de titiller les esprits malades qui aiment à se complaire dans des gaudrioles malsaines et déviantes en pensant qu'ils ont affaire à des objets qu'ils se délectent à qualifier de décomplexés.

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